rad cartier : "J'aime la bizzarerie, ça m'inspire"

La ride. Plus qu'un mot ; une devise et un leitmotiv pour rad cartier. Depuis plusieurs années, le rappeur abreuve la scène underground parisienne avec une recette décapante, née de combos vestimentaires osés et d'interminables nuits en studio. Désormais affilié de près à Lala &ce et au collectif Nyokô Bokbaë, le natif d'Orléans contribue à redessiner les contours du hip-hop francophone. Avant de dévoiler un futur album nommé Vision thermique, il a débarqué le mois dernier avec l'ensemble de sa série VT ZOOM, des "freestyles haut-de-gamme" destinés à préparer le terrain, qui comprennent des collaboration avec Jäde ou encore Sean. Rencontre à base de FIFA, de "psychique" et de Code Lyoko.


© M. Leniau

Un coup d'oeil suffit à le comprendre : rad cartier est un créatif. Un féru de mode, discipline au sein de laquelle il s'amuse et s'exprime à loisir, mariant les styles pour raconter son histoire. Celle d'un garçon qui a sans cesse dû naviguer entre des univers diamétralement opposés : "En primaire, j'étais au quartier d'Orléans-La-Source. Je l'ai ensuite quitté pour aller dans un collège du centre-ville. Après le bac, je suis parti à Bordeaux pendant deux ans et demi pour des études de lettres, puis une année de mode, avant de venir à Paris pour la musique." Enrichi par les différents mondes qu'il a pu fréquenter, il en tire une vision toute personnelle : "Je ne pense pas que l'école ne m'ait apporté grand chose. C'est plus à toi de faire les choses, de faire tes propres combos vestimentaires et de soigner ton image." De quoi le démarquer de la masse de rappeurs qui affluent vers la capitale chaque année.


"Au départ, je faisais des prods, mais j'ai cassé mon PC. Alors je me suis mis à rapper. En primaire, j'ai gratté mon premier texte et trouvé mon premier blaze : Tirad. J'avais un même groupe en arrivant au lycée." Un enfant biberonné à MTV Base et au hip-hop des années 2000 : "J'écoutais pas mal de rap américain et de R'n'B. En France, j'aimais bien Sinik, Grödash, Booba... Je n'étais pas encore trop sur Internet ; pour trouver mes instrus, je cherchais rarement des faces B [à l'époque du vinyle, l'instrumentale d'un morceau de rap était parfois trouvable sur la deuxième face du single, ndlr] ou des type beats ; j'ai toujours préféré qu'on m'envoie directement des choses." C'est dans cette mentalité qu'il se rapproche de beatmakers prêts à lui offrir le "psychique" nécessaire pour sa Vision Thermique : des batteries minimalistes, des sonorités distordues, des basses étranges et nerveuses.



"J'aime la bizarrerie, avoue le rappeur en souriant, ça m'inspire grave. Je ne pose pas sur une prod si elle ne me parle pas, je ne vais pas me forcer. Ce sont des coups de foudre. Si je kiffe, ça va directement débloquer des trucs. Je suis un instinctif. Quand je gratte un texte, il y a un cheminement qui se fait naturellement. Faut laisser couler." Un goût pour l'expérimentation qui le rapprochera progressivement d'une constellation d'artistes ; parmi eux, le collectif Nyokô Bokbaë - avec qui il signera le remarqué "VT ZOOK II" - ou encore Lala &ce, qui lui a offert une place de choix sur le morceau "Gasoleana" de son récent album Everything's Tasteful. "Au départ, on s'envoyait des mails en mode pro, et puis on s'est retrouvé aux mêmes soirées. On avait déjà un peu ridé l'été dernier, mais depuis septembre, on habite ensemble avec le Diouck et Bamao Yendé. C'est là que ça s'est vraiment fait."



Désormais solidement épaulé, l'Orléanais devenu Parisien a su trouver sa formule, à base de choix esthétiques marqués et de références à la pop culture : "Pokemon je kiffais grave, j'avais toutes les Nintendo et les versions, j'étais dedans. Digimon aussi, c'était assez axé sur les nouvelles technologies, et puis ensuite je me suis mis à kiffer Code Lyoko." Mais pas assez pour faire lui un nerd : " J'ai pas assez geeké pour ça. Avant, j'étais un mec de FIFA, je ne dormais pas la nuit. Mais maintenant j'ai arrêté. Faut pas qu'il y ait de console là où je dors." Mieux vaut les sessions studio que les sessions gaming.


Propos recuellis par Elie Klarsänger


VT ZOOM de rad Cartier est disponible sur toutes les plateformes de streaming :



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