PLAN CLIP #18 : OWN, Keep Dancing Inc, Lachinos VSSVD, La Frange & Thérèse

Parce que les clips sont parfois de véritables bijoux, dignes de chefs-d'œuvre cinématographiques ; qu’ils sont le reflet visuel de l’univers musical de l’artiste. Parce que l'œil de l'équipe réalisation d’un clip a également son importance ; parce que leur vision artistique et leurs rôles ne sont pas à négliger. Parce que mettre la musique en images donne parfois une seconde lecture à un morceau, on a souhaité analyser tout ça, pour vous : voici la rubrique Plan Clip.


OWN, "My Bike"


OWN, c’est la rencontre de 4 musiciens, Arthur Lacroix, Axel Le Ray, Florian Puech et Loïc Journo. C’est aussi l’histoire d’un challenge que se sont lancé les 4 garçons : enregistrer une chanson et la clipper dans la foulée. La chanson en question ? "Broken Heart / Pop Song Night" qui vous laisse un aperçu de son sujet, et qui justifie peut-être l’empressement du groupe à mettre en mots leurs maux. Le résultat est un très beau titre clippé sur sons de guitares rétro, et sur cette chanson pour cœur brisé, c'est finalement une belle ode à l’amitié.


OWN est revenu le 18 septembre dernier pour nous offrir le clip minimaliste et chaleureux (oui ces mots peuvent aller ensemble) My Bike, où on y voit simplement le chanteur sur son vélo, profitant d’un beau coucher de soleil. Le grain vieilli de l’image y accompagne les désaveux d’une querelle dont le seul échappatoire s’incarne dans une douce balade à bicyclette. Et si Pony Pony Run Run et Mac DeMarco avait eu 4 enfants, peut-être les auraient-ils appelé Own. En ce mois d’octobre, l’été semble déjà loin, mais OWN nous permet ici d’inspirer une petite dose d’air marin. Il n’y a pas encore d’EP annoncé pour le groupe, mais on ne saurait attendre trop longtemps...


Par Apolline Pournin



Keep Dancing Inc - "Start up Nation"


Le plus anglais des trio français est de retour avec le très parlant clip de "Start-Up Nation". Entre synth-pop, new-wave et funk, Keep Dancing Inc ne cesse d’affirmer son style, malgré le jeune âge des membres du groupe déjà plus si jeune (formé il y a 5 ans).


Réalisé par Louis Muller, le clip nous plonge dans un univers dystopique (enfin on l'espère), dans lequel se succèdent de jeunes actifs de starts-up et des groupes de jeunes fumant en portant des masques de réalité virtuelle (si, si, on vous assure). Le clip se fait satire de cette fameuse Start-Up Nation, soulignant avec humour ses incohérences et ses extravagances (ils vont jusqu’à mesurer du papier toilette). Le titre avait d'ailleurs déjà eu droit à son clip fait maison, superposition de vidéos de making-off, en studio, d'images de paysage... Souvenirs de la période d'enregistrement du groupe !


Le trio a accompli beaucoup de chemin depuis ses premiers titres et si des morceaux comme "Could U Stop" nous font penser qu’ils ont pris en maturité, ils n’ont en tout cas rien perdu de leur fraîcheur. KDI, qui a notamment fait danser toute l’Europe en partant en tournée avec le groupe Blossoms, continuera de nous faire groover avec un nouvel album Embrace annoncé pour le 23 octobre, de quoi nous faire patienter en attendant la reprise des concerts !

Par Apolline Pournin



Lachinos, "Hang Tuah"


Le début du mois d’octobre nous offre une pépite, le second clip des Lachinos, "Hang Tuah". Signés chez l’expérimental et exotique Goutte d’Or Records, le sous-label de Cracki, ces ambassadeurs d’une musique sans frontière savent comment réchauffer les cœurs sur des airs latino-asiatiques. Un joli avant-goût, haut en couleur, de leur EP America Lachina, qui sortira dans les prochains jours…

Qui sont ces Lachinos ? Ce sont 6 musiciens venus des quatre coins du monde. Ensemble, ils nous éveillent à leur musique tropicool, infusée de cumbia sud-américaine et teintée de sonorités asiatiques. Aussi intrigant que plaisant, "Hang Tuah" en est le fruit : le clip nous plonge en Colombie, alors que les paroles nous racontent les épopées d’un puissant guerrier malaisien…

Inspiré des cumbias de Noël colombiennes, "Hang Tuah" est un hommage aux origines latinoaméricaines des Lachinos et à une légende asiatique. Avec le collectif Poetas Menores, qui a pittoresquement animé le clip, ils nous invitent dans un village où a lieu la Fête Annuelle du Tejo. Tandis que certains s’étirent, d’autres se désaltèrent de guarapo, une boisson indigène colombienne issue de la fermentation du maïs, avant de lancer une partie de tejo, le sport national colombien.

Le principe est plutôt simple, il s’agit de lancer un disque afin d’atteindre une cible, dite explosive. Comme ensorcelés par le jeu, les joueurs se vouent à des danses, presque rituelles, happés par le désir de gagner. Jouant sur un clavier ou sur un épi de blé, les musiciens apparaissent dans le clip, comme les chefs d’orchestre d’un jeu endiablé. Tantôt un oiseau, tantôt un tapis volant, le tejo semble être le responsable de cet emportement. Sous le récit des exploits d’Hang Tuah, un guerrier courageux et loyal, les Lachinos se chargent une nouvelle fois d’un voyage musical aussi original que déjanté !


Par Clara Jouaux-Savinien



VSSVD, "Bonnie"


On ne vous présente plus VSSVD, ce quatuor angevin-tourangeau à l’univers musical aussi hybride que poétique. Après “Rouge”, clip interactif extrait de l’EP du même nom, c’est le titre “Bonnie” que le groupe a souhaité transposer à l’écran. Toujours dans l’optique de raconter des histoires et leurs différentes vérités, voici que VSSVD a souhaité nous dévoiler une version sombre et névrotique du “mythe de Bonnie”. Mais qui est vraiment Bonnie ?


Certains auraient pu croire à une histoire d'amour (qui tourne à présent en rond). D'autres, à deux fugitifs en cavale - ce qui est bien avec la musique de VSSVD, c'est qu'elle laisse libre court à l'interprétation. La version dévoilée ici est beaucoup plus sombre, beaucoup plus névrotique, presque digne d’un thriller en noir et blanc. Clipée et éditée par Nathan Almeras, la vidéo ouvre sur un assortiment d'outils, à mi-chemin entre la table d’un chirurgien et celle d’un artiste. Le colori est froid, l'atmosphère religieusement pesante. Une femme apparaît alors. Son visage n'est jamais dévoilé, mais nous savons de qui il s'agit : Bonnie, prête à passer à l'action.


Aussitôt dit, aussitôt fait. Bash, Clément, Benjamin et Romain sont un à un pris en otage. Les plans s'enchaînent, laissant place à quelques images de caméra de surveillance nous dévoilant la scène. Un seul angle est à chaque fois visible et nous sommes passifs face à ce qui se passe. Nous aussi, nous nous sentons comme pris au piège, entre quelque chose d'une beauté glaciale et d'une violence indescriptible : impuissant sous les coups de Bonnie, c'est progressivement que VSSVD devient alors son œuvre d'art, un collage vivant sur toile numérique. “A chaque histoire son lot de vérité, à mythe ses adaptations. On ne présente plus Bonnie [...] Ici c’est elle qui mène la danse, à la fois douce et autoritaire, elle impose son rythme au fil de ses envies toujours plus meurtrières, toujours plus destructrices. De quoi se torturer l’esprit pour nous autres êtres fragiles, perdus entre cette Bonnie charismatique et insaisissable, et ce besoin d’aventure absolu, d'amour à tout prix". On nous avait prévenu, "Bonnie nous enterrera tous".



Laura Gervois


Thérèse, "T.O.X.I.C"


En voilà une chanson forte comme on n’en avait plus entendue. Véritable hymne anti-relations toxiques, le premier titre de Thérèse est très prometteur, forçant la comparaison aux plus grandes popstars de ce monde.


Réalisé par Charlie Montagut, le clip présente Thérèse dans plusieurs scènes : une où elle est bloquée par des parois en plastique à 1:20 ou encore une où elle confronte une composition florale qui s’auto-détruit dès 1:40. La composition florale, designée par Lily Griffith, est prédominante dans le clip. Les fleurs et autres éléments floraux sont présents dans toute la vidéo, tout comme le plastique. On comprend que les fleurs sont la représentation de Thérèse, qui peut soit éclore et s’épanouir dans une relation, soit être étouffée, privée d’oxygène et donc faner, voire se consumer.


“C’est un titre qui parle des relations qui nous empêchent d'avancer et devenir soi. A commencer par celle qu'on a avec soi-même. Eh bien on va cramer et noyer tout ça. C'est l'heure de vivre en étant soi. Parce que la vie est trop courte.” - Thérèse



Ce clip donne une deuxième lecture au morceau de Thérèse, elle qui l’avait d’abord présenté sous forme d’une live session tournée à L'international, toute de rouge vêtue qui annonçait le ton affirmé et combatif de cette chanson. Une chose est sûre, vous vous sentirez plus fort.e après avoir écouté T.O.X.I.C.



Prisci Adam



La Frange, "These Days"


Nous plongeant à nouveau dans une mélancolie d’été maintenant que les jours sont gris, le clip tout en douceur de La Frange, émeut.


Du grain et de la simplicité. Ici on suit La Frange dans un cadre champêtre où on la contemple entrecoupée d’images bleues du ciel ou de l’eau. Bercée par la musique et la voix angélique de Zoé, ce clip permet de s'apaiser le temps de quelques minutes, de respirer, et de se laisser emporter.


Le réalisateur - Léo Adrover (qui a également un projet indie rock nommé FELIX) - permet au temps de s’étendre comme les souvenirs qui se gravent et les paysages qui défilent le long de la vidéo. À la fin du morceau, on semble caressés par le début de l’automne. Une “sad love song” donc. Oui, mais à la chaleur cotonneuse et rassurante.



Prisci Adam

TOURTOISIE MUSIC

Média : media@tourtoisiemusic.com
Production : production@tourtoisiemusic.com
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