Paper Tapes : l'été est mort, vive l'été

Cyril Angleys dévoile aujourd’hui Homecoming, premier né de son projet solo Paper Tapes, dont l’écoute nous ferait presque accepter l’arrivée de l’automne.


© Géographie



Quand on s’intéresse au parcours de Cyril Angleys, on se dit que, finalement, tout est une affaire de noms. Le sien, terriblement français, souligne sans équivoque ses origines lyonnaises, tout en coïncidant non sans une certaine ironie avec son attrait pour la musique anglophone. La combinaison de ces deux éléments le mène à rejoindre Brace ! Brace !, groupe de soft rock dans lequel il fait ses armes pendant 4 ans. Au cours de deux EPs, il s’attache à travailler ce son qu’aurait sûrement eu un réarrangement moderne de Pet Sounds orchestré par Thom Yorke. En octobre 2018 sort leur premier album, ce qui n’a pas empêché Cyril de cogiter durant l’été.


Il se rapproche de Géographie, label aux fortes sonorités indie et au nom tout adapté pour son projet. En écoutant sa musique, difficile en effet de ne pas avoir en tête des images de voyage et d’évasion. Avec ce nouveau label, Cyril s’éloigne de ce qu’il connaît et s’en va explorer de nouveaux horizons. Exit le rock aux saveurs californiennes, il lui préfère désormais une pop psychédéchill au possible. Le synthé, par ailleurs analogique (vrai rockeur ne se refait pas), remplace la guitare pour napper ses compositions d’une épaisse couche de mélancolie. Si cette dernière fait encore des apparitions, c’est seulement pour se mélanger à la douce voix de Cyril jusqu’à peiner à les discerner l’une de l’autre, ou bien pour apporter une ligne mélodique sur laquelle on s’accroche pour ne pas sombrer dans un rêve éveillé. La boîte à rythmes (vrai rockeur s’adapte à son époque) accompagne le tout avec ses beats hip-hop qui savent se faire discrets, comme par peur de brusquer l’auditeur qui viendrait s’emmitoufler dans la douceur du moment créé.



Homecoming, le nom de son premier EP, est ainsi tout trouvé. Alors que l’été s’éloigne un peu plus chaque jour, difficile de ne pas se remémorer le coucher de soleil de la dernière soirée de vacances. Pour les plus étourdis d’entre nous, Homecoming rappelle cette sensation que l’on ressent sur la route du retour, à mi-chemin entre la tristesse de la rentrée et le bonheur des souvenirs embarqués. La musique nous traverse comme le vent traversait nos cheveux à bord de la décapotable louée pour la semaine et, alors que l’on se sent flirter dangereusement avec le kitsch des rom-coms des années 70, on se surprend à rêvasser aux futures raclettes entre copains, aux soirées plaid devant Netflix et à la fraîcheur des débuts de soirées automnales. Homecoming, c’est l’EP que l’on écoute en voiture un 28 août, à 21h, tandis que les deux dernières heures de bouchons ont déjà emporté le reste des passagers dans les bras de Morphée, pour que les paroles susurrées par Cyril, semble-t-il lui-même fatigué de voyage, viennent les bercer une dernière fois du son des vagues et de la chaleur du soleil.


Enfin, il y a bien sûr Paper Tapes, le nom du projet lui-même. Il y a d’un côté la cassette, héritage d’une culture rétro qui comprend aussi bien la bande-son de l’été 68 que celle des soap operas qui rythme encore les après-midis de Mamie. Et il y a de l’autre le papier léger, volatile, qui peut décoller à tout moment et voyager au gré du vent. Avec un son qui rappelle étrangement celui des tourne-disques au plateau usé par le temps, il semblerait que Paper Tapes ait atterri du côté des producteurs french touchiens à la Air. Quand on vous dit que tout est une histoire de noms.


Par Simon Aunai


Découvrez dès aujourd'hui le premier EP de Paper Tapes :





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