Mou : "Je veux transmettre un certain laisser aller et du second degré"

Mis à jour : mai 19

Le 24 avril, en plein confinement, Mou (qui avait participé à une de nos soirées Populous) a sorti son nouvel album "Bijoux D'Amour". Coffre fort de mélodies pops flirtant avec des sonorités hip-hop et électro, cet album usant d'humour pour parler d'amour sous toutes ses formes, est un vent de fraicheur et un filtre pour voir la vie en rose, façon nonchalante et molle.

Crédit : Gregg Bréhin

Hello Mou, comment tu vas en ce moment ?

Ça va, le confinement m’a servi à me reposer, bosser sur la sortie de l’album. J’ai réalisé le clip de "Sophie Marceau", ce qui m’a pris pas mal de temps finalement. Maintenant je reprend l’éducation de mon doggo. 


A l’origine, tu viens du secteur de la restauration. Comment en es-tu arrivé à la musique et plus particulièrement à une signature sur le label FVTUR, avec lequel tu as déjà sorti deux EP Full Sentimental et Royal Canin (2018) ?

Ça fait un petit moment que j’écris, depuis le lycée globalement. En ce qui concerne la signature sur FVTUR, c’est une histoire de potes avant tout. J’ai commencé le projet MOU avec Baton, ancien batteur de Rhum for Pauline, qui m’aidait surtout dans la conception du live. J’ai réalisé mon premier live au Lieu Unique, ensuite un set/30, un incontournable du vendredi soir à Nantes, où joue des artistes dans un ancien blockhaus pendant 30 minutes. Raphaël d’Hervez (co-fondateur de FUTUR) m’a ensuite invité à joué au FVTUR festival et ça en a découlé ma signature sur le label. 


D’ailleurs, que signifie vraiment ce nom de scène, “MOU” ?

Je suis passé par pas mal de noms avant d’arriver à MOU. Je cherchais quelque chose qui me correspondait personnellement et musicalement. Je ne suis pas quelqu’un de très speed et ma musique est assez nonchalante donc je suis parti là dessus. 


Pour aborder tes influences et tes inspirations, on dit souvent que MOU se trouve à une jonction entre hip-hop et chanson française. Tu fais aussi bien allusion à Doc Gynéco et Oxmo Puccino qu’à Philippe Katerine, Miel de Montagne, Muddy Monk… De quoi t’inspires-tu et où te-placerais tu au sein de cette nouvelle scène française ?

Je ne sais pas vraiment où me placer et tant mieux. Ça peut poser un problème pour les organisateurs de concert, qui ne savent pas sur quel plateau me programmer. Pour moi, c’est parfait, ça me permet de tester de nouvelles choses et peut-être aussi de moins choquer mes auditeurs actuels pour en gagner de nouveaux. J’écoute beaucoup d’hip hop et de pop donc ça doit forcément jouer sur mes inspirations. 


Tu dévoiles à présent un premier album, un onze-titres intitulé Bijoux d’amour, sur lequel tu as travaillé avec les beatmakers et artistes La Brousse, Saintard ou encore Cavalier King Charles. Comment cet album a-t-il été conçu ?

On voulait faire une sorte de Mouxi best of, compiler les tracks "fortes" des deux premier EPs et du nouveau. J’ai fait appel à de nouveaux beatmakers pour apporter de nouvelles choses, de nouvelles sonorités et univers, c’est eux qui ont  créer l’univers de cet album d’une certaine manière. 


Porté par le single “Victoires de la Musique”, on découvre ici un album entraînant, aux diverses influences musicales, mais qui ne manque pas de cohérence pour autant. Ainsi, on retrouve le très jazzy morceau “Croissants”, une prod qui frôle le cloud avec “Sophie Marceau”, des beats électro avec “Ca va le faire”...). Comment alternes-tu entre ces prods variées afin d’obtenir un style singulier, qui t’est propre ?  

Je ne réfléchis pas trop à tout ça en vérité, je me laisse aller sur les prods que je reçois. Je marche au coup de cœur, sans trop me poser de questions sur le "style" des instrus. Ma façon de chanter reste nonchalante et peut se caler autant sur du hip hop que de l’électro donc je fais mon truc et si ça plait, c’est tant mieux ! 


Il y a une touche d’humour loufoque dans tes paroles, mais on ne peut pas non plus ignorer ce caractère parfois réaliste (“Non je n’irais pas aux Victoires de la Musique”, “Victoires de la Musique”), parfois profond (“L’eau n’est pas claire et tes idées sont noires” “Ca va le faire”) et surtout romantique / porté sur les sentiments (dans “Océan bleu” par exemple). Quelles émotions, quelles histoires souhaites-tu transmettre à travers tes chansons?  

Je veux juste transmettre aux gens qui m’écoutent, un certain laisser aller et du second degré. Parler d’amour, être léger, sans prises de tête... Ma musique parle essentiellement d’amour, ça reste un thème fort et très large, où l’on peut être romantique et à la fois drôle. J’aime m’amuser avec les mots et en ce qui concerne les émotions, ce sont des choses qui me passent par la tête, pas forcément vécu, mais inspiré de mon quotidien, de films, séries ou de moments vus dans la rue. 


Ton univers visuel est également très développé, notamment marqué par un style vestimentaire très pop et coloré (costumes roses et cheveux teints) et des éléments loufoques dans tes clips (une passion canine, une baignoire remplie de nouilles chinoises…). Comment est né ce personnage ?

Tout ce qui est "visuel" est une initiative de ma part, j’aime me teindre les cheveux et je ne fais pas ça pour la musique. Les idées loufoques des clips, ce sont des envies qui me passent par la tête, pourquoi ne pas essayer de les reproduire ? 

J’ai fait appel à Romain Lemé pour la pochette, car nos projets se ressemblent d’un certain regard. Les situations burlesques, teintées de rêveries, on est sur le même créneau mais dans deux arts différents. Je lui ai fait confiance de À à Z en lui imposant seulement mon costume rose et les éléments qui rappellent les tracks de l’album. 



La pochette de ton EP est réalisée par Romain Figaro, qui a également fait celle de l'EP de Ricky Hollywood sorti dernièrement. Pleine de couleurs et d'éléments, elle attire beaucoup, tu peux nous en dire plus ?

On se connaît depuis un petit moment avec Romain. Il avait réalisé la pochette de mon premier EP "Full sentimental" sorti uniquement en digital. Le choix a donc été assez évident pour l’album : je voulais un de ses dessins pour le visuel de mon vinyle. J’ai toujours aimé son travail, et nos univers collent assez bien ensemble : un monde de rêveries où l’imaginaire est très présent. Je lui ai donné quelques éléments que je voulais retrouver comme des objets qui rappellent le nom de certaines tracks de l’album, et moi en costume rose... Sinon il avait carte blanche pour lui. Il a su sortir un visuel idéal.

Le mot de la fin : c’est quoi la prochaine étape ?

Les Victoires de la musique je pense, dans la section "Révélation de l’année". 


Retrouvez Mou :



Interview réalisée par Laura Gervois

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