Mey : entre convictions, rage et vulnérabilité

Mis à jour : oct. 18

Avec son 1er EP With the lights off, Mey dévoile une pop riche en influences, entre rock, folk et hip-hop. Sa puissance vocale, riche et intense, porte les cinq morceaux intimes de l’EP. Elle nous entraîne avec elle dans une remise en question profonde, à la fois personnelle et sociétale. Lumière sur une artiste prometteuse qui parvient à allier les extrêmes, entre fragilité et agressivité.


©Inanis

Grâce aux cinq titres qui composent With the lights off, son premier EP, Mey nous fait passer par toutes les émotions, dont certaines que nous avons tendance à taire telles que la colère et la tristesse. La force de ces morceaux réside dans le fait que Mey ne s’excuse pas de nous mettre face à nous-mêmes et à la société dans laquelle nous vivons. Par leur intermédiaire, nous découvrons des réalités que nous ne souhaitons pas toujours reconnaître à l’instar des féminicides, évoqués dans le morceau "Spiky Love". Le clip de ce dernier est composé d’images montrant les messages forts tapissés sur les murs par le mouvement Collages féminicides.


©Julien Portmann

L’EP s’ouvre sur le titre éponyme, "With the lights off (intro)", il débute avec une voix de femme enregistrée qui demande : “Votre apparence c’est quelque chose qui compte pour vous ?”. S’ensuit un enchaînement de séquences pendant lesquelles des voix féminines mettent le doigts sur les injonctions qui reposent sur les femmes. L’engagement de Mey et les thèmes abordés plus tard dans l’album sont condensés dans ces prises de parole. Dans ce morceau, Mey dénonce la place prépondérante de l’apparence dans la vie des femmes tout en nous délivrant des messages forts d’empowerment comme c’est le cas à la fin du titre où, après avoir esquissé le portrait sombre des réseaux sociaux, une voix affirme “I think it’s sad, I don’t think I should reduce myself to that”.




Avec "RESPECT", Mey s’offre un espace de liberté dans lequel elle déverse sa colère contre les injustices faites aux femmes. Ce morceau est d’autant plus puissant que nous n’avons pas pour habitude d’entendre une femme exprimer sa haine. Elle y scande des paroles dignes d’un hymne de guerre telles que “You better respect me / Cause I’m a woman and I stand up to you.” Sa rage d’émancipation transpire dans ses paroles coup de poing, qui, alliées à l’intensité de sa voix, nous donnent envie de chanter avec elle. Un aspect essentiel de ce titre est la sororité, après avoir évoqué les maux dont souffrent les femmes – leur identité arrachée, leur intégrité volée –, elle affirme que leur vengeance est la sienne et que toutes seront respectées.




Tout en contraste, Mey n’a pas peur de se montrer vulnérable et de nous dévoiler sa noirceur dans Get out of yourself après avoir crié sa colère dans le morceau précédent. Avec ce titre, elle s’inscrit à l’opposé de ce que la société et de surcroît les réseaux sociaux, attendent de nous, à savoir des êtres parfaits dont le bonheur constant ne fait aucun doute. Cette ballade mélancolique donne corps à la tristesse tout en offrant une porte de sortie vers la lumière. Mey nous affirme que nous pourrons la trouver en nous décentrant et en nous ouvrant au monde. Loin d’Instagram qui a fait du narcissisme une religion, Get out of yourself est un bijou d’humanité et d’espoir, “you’ll find the light, you’ll find treasure”.


Par Agathe Pinet


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