Le 33 Tours de Garçon de Plage : "J’ai composé la musique d’une série pornographique gay !"

Dernière mise à jour : juil. 1

Il y a cette mélodie qui vous plonge instantanément dans votre adolescence. Et celle qui vous fait faire un bond dans le futur. Il y a cette chanson qui vous évoque des moments heureux, vous procurant comme une sensation d’euphorie dont il devient difficile de se lasser. Il y a aussi cet.te artiste qui parvient toujours à vous réconforter, à vous motiver et vous accompagne dans votre vie… Personne n’échappe au pouvoir de la musique et aux émotions qu’elle nous procure, pas même ces talents émergent.e.s que vous ne connaissez peut-être pas encore. Pour apprendre à les connaître, nous avons donc décidé de les soumettre à un questionnaire un peu particulier : le 33 Tours de Tourtoisie Music.



Première question. Présente-toi en quelques lignes : prénom, nom de scène, âge, la ville dans laquelle tu as grandi, la ville dans laquelle tu vis actuellement, projet musical et dernières actualités en date.


Je suis Greg alias Garçon de Plage, j’ai 33 ans, je suis né et j’ai grandi à Paris. Je viens de sortir le 2 ème album de Garçon de Plage que je m’apprête à le présenter à la Boule Noire le 30 juin prochain !


Rien d’autre à déclarer ?


J’ai déjà pris un avion pour un acheter un synthé !


Alors commençons… par un retour en arrière. L’artiste ou les artistes de ton adolescence ?


Ils sont si nombreux. Je me souviens d’une boulimie incontrôlable de découvertes, mon refuge

dans mes années d’internat, comme un monde merveilleux qui s’ouvre. Tout y passait, les

classiques comme les nouveautés. Mais si je devais en retenir trois, ce seraient Nirvana, Les

Beatles et Miles Davis.


Comment t'imaginais-tu le fait d'être artiste en grandissant ?


Comme beaucoup de jeunes d’artistes, j’y fondais de grands espoirs. Depuis, j’ai compris qu’on

ne peut compter que sur soi-même, ou sa – très proche – team. Et c’est tant mieux !


Quel est le job le plus nul ou le plus marrant que tu aies dû faire pour pouvoir investir dans ton projet musical?


J’ai composé la musique d’une série pornographique gay ! Le pire, c’est que ça se voulait hyper sérieux et novateur : des violons, de belles orchestrations, des histoires d’amour intenses, des dialogues soignés, des clashs… La série n’est jamais sortie car le producteur – le pauvre - a presque tout perdu dans ce projet, mais j’ai été super bien payé ! Mes albums existent donc en partie grâce à une hypothèque de producteur de porno !


Si tu pouvais emprunter un talent à quelqu’un.e, n’importe qui, quel serait-il ?


Je crois que ce serait celui d’orateur. Le pouvoir de captiver à tout moment par le choix des

mots, le ton de la voix, le choix du rythme, le dosage de l’émotion. C’est un peu un désir de dictateur non ?!


Si tu pouvais choisir de vivre à une autre époque, laquelle serait-elle ?


Si on écoute mes albums c’est plutôt clair que j’aimerais vivre dans les années 1970. C’est drôle mais depuis ma tendre enfance cette décennie me vampirise tant par sa musique, son esthétisme, ses révolutions culturelles, ses moquettes, ses papiers-peints...


Que sera la musique dans le futur selon toi ?


Je n’en ai aucune idée et c’est cela qui est bien ! Internet et les réseaux ont révolutionné la manière de faire de la musique et de l’écouter. C’est amusant de constater comme à chaque fois, c’est la technologie qui dicte les codes et les artistes qui s’adaptent, proposent (exemple du 45 tours qui impose le format 4 min ou le 33 tours, le format album de 40 min environ). Aujourd’hui on voit les morceaux se raccourcir car Spotify met davantage les morceaux courts en avant, les refrains sont plus tôt dans les chansons pour « attraper » l’auditeur et générer 1 stream. Je suis curieux de voir comment tout cela va impacter la création. Mais les artistes s’adaptent toujours et arrivent à jouer de ces facteurs pour exprimer leur vision.


Retour dans le présent. Trois bandes originales préférées ?


- L’œuvre entière d’Ennio Morricone : il a révolutionné le métier de compositeur de musique de

film, inventé des genres, nous a fait pleurer dans Cinema Paradiso. (J’étais inconsolable quand il est mort l'été dernier).

- Taxi Driver de Bernard Hermann : la classe à l’état pur

- Le Roi et L’Oiseau de Wojciech Kilar

Le genre musical que tu as choisi de pratiquer ? Et par rapport à ton genre musical de prédilection… Est-ce le même ?


Je ne m’identifie pas beaucoup aux genres musicaux même s’il faut parfois nommer les

choses. Je pense que la musique est le produit de toutes les écoutes, les expériences, et les

influences d’un artiste et qu’elle est une équation impossible – selon moi – à synthétiser en un

ou deux mots. En revanche, les gens me disent souvent que mes morceaux sont identifiables sous le même style. Ma réponse est donc (et en toute humilité) : mon style !


Comment travailles-tu ? Comment survient ton pic de productivité ?


Je travaille seul et je me nourris de tout ce qui peut me tomber sous la main : l’enchaînement

de deux accords, un mot ou une phrase entendus, une ligne mélodique qui me vient. Souvent

j’improvise au piano. Quand je sens que je tiens une idée, la « bataille » commence pour

essayer de la faire sortir du mieux possible. Souvent je perds, mais quand ça marche, une

chansons est née.


Meilleur et pire souvenir sur scène ou en concert ?


Le meilleur souvenir sur scène c’était le troisième concert à… La Cigale, en première partie de Parcels ! Ces derniers m’avait avait appelé pour ouvrir pendant leur tournée sur un coup de cœur après le premier album alors que le live et le groupe étaient à peine sur pied ! La salle était pleine et le public bouillant, c’était le pied de jouer ses chansons et de voir, sentir, entendre les gens répondre si positivement !


Qu’est-ce que tu écoutes en pleine insomnie ?


Comme pas mal de gens apparemment : des podcasts sur des tueurs en série… Si j’ai trop

peur, je me rabats sur l’intégrale de Debussy, toujours un choix gagnant !


As-tu des patterns d’écoute ?


J’écoute de la musique de manière tellement anarchique... Je peux me sevrer pendant plusieurs jours voire semaines, puis en dévorer de manière monomaniaque. Je marche au coup de cœur, quand je découvre un artiste que j’aime, je suis capable d’écouter une même chanson

quinze fois de suite.


Le morceau que tu as trouvé incroyable sous substances, mais qui n’avait plus grand chose d’exceptionnel le lendemain ?


L’autre jour, j’ai écouté deux albums de Dalida à la suite, avec deux potes, après avoir fumé un peu d’herbes de Provence. On était en extase ! Sans déconner, il y a des arrangements de malade, des textes trop marrants et des compositions en béton ! Le lendemain, on était un peu moins dithyrambiques, mais on a quand même acheté un vinyle !


Le morceau que tu mets pendant le coït ?


“Booty Ooty” de Johnny Guitar Watson sans hésiter !



Tourtoisie Music soutient les artistes émergent.e.s : à quel.le.s artistes souhaites-tu donner de la force ?


Mon copain Saintard, de la « soul experimental » comme il dit. Ça groove vénère, les textes

sont pleins d’humour et d’auto-dérision, les clips sont géniaux aussi (réalisés par Datis & Pidoux qui avaient aussi réalisé mon clip de Timide). A découvrir absolument !


C’était Garçon de Plage pour le 33 Tours de Tourtoisie Music. Découvrez son dernier album sur les plateformes de streaming et retrouvez-le sur la scène de la Boule Noire mercredi 30 juin 2021 !


La TourtoiRédac’