Le 33 Tours d'Astéréotypie : "La différence, c'est intéressant"

Il y a cette mélodie qui vous plonge instantanément dans votre adolescence. Et celle qui vous fait faire un bond dans le futur. Il y a cette chanson qui vous évoque des moments heureux, vous procurant comme une sensation d’euphorie dont il devient difficile de se lasser. Il y a aussi cet. te artiste qui parvient toujours à vous réconforter, à vous motiver et vous accompagne dans votre vie…Personne n’échappe au pouvoir de la musique et aux émotions qu’elle nous procure, pas même ces talents émergent.e.s que vous ne connaissez peut-être pas encore. Pour apprendre à les connaître, nous avons décidé de les soumettre à un questionnaire un peu particulier: le 33 Tours de Tourtoisie Music.


Crédits - Chloé Rafat

Présentez-vous.


Yohann : Moi c’est Yohann, 29 ans, et j’écris des textes. Notre but c’est de réaliser notre association et de faire un 1er bilan avant la reprise. Sur scène, je chante à la force de ma voix.


Stanislas : Moi c’est Stanislas, je fais partie d’Astéréotypie depuis le début, depuis 2013 à peu près, et je suis très heureux de continuer ce projet. Dans le projet, je chante, je fais du slam et j’écris aussi. J’écris des textes que je récite après sur scène. Ça crée un lien avec le public et ça, c’est quelque chose de très bien. Je pense que chez Astéréotypie, on a tous notre manière de communiquer avec le public. C’est bien aussi de nous montrer sur scène, de montrer notre potentiel et d’effacer le fait qu’on soit en situation d’handicap parce qu’il faut effacer ça pour justement avoir l’image d’artiste, comme tous les autres artistes. C’est pas parce qu’on est en situation d’handicap qu’on ne peut pas être considéré comme un artiste, comme toutes les autres personnes. La différence doit être mise en valeur.



La chanson qui a marqué votre enfance ?


Yohann : La chanson de Michel Sardou, « La Java de Broadway ».


Stanislas : La chanson de Buffalo Grill « moi c’est Bill, moi c’est Plume, nos prénoms c’est Bill et Plume ». C’est dans un CD de Buffalo Grill qu’on m’avait donné quand j’étais petit.


Yohann : La chanson d’époque que j’aime bien c’est « Laura » de Johnny. Moi j’aime bien les films musicaux, les Bee Gees (Saturday Night Fever).



Vos B.O préférées ?


Yohann : Grease, Fièvre du Samedi Soir et Sister Act.


Quelle couleur donnerais-tu à ta musique ?


Yohann : Le jaune dans tous ses états.


Ton album préféré ?


Yohann : Mon album à moi.



Si tu pouvais vivre à une autre époque, laquelle choisirais-tu ?


Yohann : 2030.


Stanislas : J’aimerais bien vivre à l’époque du château de Versailles, à l’époque de Louis XIV, Louis XVI. C’est vrai que c’est passionnant, l’histoire du château. Si vous avez l’occasion, y’a un très beau film qui s’appelle La Révolution Française avec Jean-François Balmer et François Cluzet. Ça raconte ce qui se passait à l’époque de Louis XVI.


Si tu pouvais emprunter un talent à n’importe qui, quel serait ce talent ?


Yohann : Ce serait un talent pour The Voice ! Car demain, c’est la finale de The Voice.


Stanislas : J’étais même pas au courant, je regarde plus.


Yohann : Et j’en ai une dernière. Aujourd’hui, les talents lis ont besoin de vivre. "Les talents de demain", c’est aussi un rêve ultime pour certains…


Stanislas : De toutes façons, The Voice ça n'a pas grand intérêt. Personnellement, je trouve que The Voice utilise les personnes qui ont un potentiel pour que TF1 puisse gagner de l’argent. Et on s’en fout un peu du potentiel des gens, tant que TF1 gagne de l’argent. Ce qui est pas bien c’est que quand les coachs n’aiment pas, ils vont pas dire qu’ils n’aiment pas, mais pour ne pas blesser ils vont l’expliquer d’une certaine manière. Et quand ils n'aiment pas ils ne se retournent pas. C’est quelque chose d’assez méprisant et d’assez rejetant finalement pour les gens qui passent à The Voice.


Crédits - Chloé Rafat

Est-ce que une œuvre a influencé ta musique ?


Stanislas : Le livre qu’a écrit mon grand-père. Le père de mon père a écrit un livre qui parle d’Arménie. Je voulais faire un texte autour de ce livre, autour de mon grand-père. Ce livre m’a inspiré quelque chose, un texte, un bel hommage à mon grand-père. Je pense que s’il était encore en vie, il serait très content. Le livre c’est Les Amirats de Pascal Carmont.


Le job le plus nul ou le plus marrant que t’aies eu à faire pour faire de la musique ?


Stanislas : Quand on répète plusieurs fois, c’est pas très marrant mais c’est nécessaire car ça permet d’être satisfait, d’être récompensé à la fin en faisant un bon concert. Sans travail, on n’a pas de résultats satisfaisants. Les répétitions c’est chiant, mais nécessaire. C’est pas toujours très marrant mais y’a quand même des moments où j’aime bien répéter.


Comment ça a commencé Astéréotypie ?


Stanislas : Au début, je suis arrivé dans un Institut Médico Educatif, à Bourg-la-Reine, qui est un établissement pour personnes en situation de handicap. Et là-bas, j’ai découvert l’atelier "Astéréotypie". Au début, c’était pas un groupe de musique comme maintenant. Après, j’ai commencé à dire des choses, certaines choses de ma vie, plein d’histoires qui me passaient par la tête. Après, on en a fait des concerts, j’ai chanté sur scène, et c’est parti de là…



En grandissant, comment imaginais-tu la vie d’artiste ?


Stanislas : J’imaginais pas. Si je peux faire tous ces projets c’est grâce à mon IME, car ils sont dans le même réseau que la compagnie de théâtre dans laquelle je suis actuellement. Mais avant Astéréotypie, je ne pensais pas que ce jour arriverait, je ne me voyais pas artiste. Ça m’a permis d’aller plus loin, j’ai pu découvrir la scène, faire des choses que je ne pouvais pas faire avant. Et c’est quand même assez plaisant. Si j’avais pas intégré l’IME de Bourg La Reine, j’aurais pas connu tout ça. Donc c’est quand même une chance, une grande chance. Jamais je ne m’imaginais être un artiste. Quand j’étais petit, je voulais devenir pilote de ligne. Ma mère m’avait posé la question quand j’étais petit et je lui avais tout de suite répondu ça. Là, c’est plus trop mon envie, mais quand j’étais petit, je pensais beaucoup à ça. Mais ce que j’aimerais beaucoup faire, vous allez rire, c’est d’être un jour Président de la République. Je veux vraiment réussir. Moi j’y crois, et je veux réussir. J’ai peut être pas encore les connaissances nécessaires, mais peut être qu’au bout d’un moment ce sera acquis, je pense, et je pourrai le devenir. J’aimerais beaucoup diriger la France.


Comment définirais-tu l’univers d’Astéréotypie ?


Stanislas : C’est un univers particulier mais intéressant, parce que ça change de ce que les gens ont l’habitude d’’écouter. C’est un univers de fantasmes. Je pense que c’est intéressant pour les gens de découvrir ça et je pense que c’est bien pour les gens de découvrir ça. Astéréotypie, c’est un peu comme nous, c’est la différence, et la différence c’est quelque chose d’intéressant.


Crédits - Chloé Rafat

Propos recueillis par Jean Fofana