Le 33 Tours d'AFTER GEOGRAPHY : "C'est foot mais aussi un peu dandy"

Il y a cette mélodie qui vous plonge instantanément dans votre adolescence. Et celle qui vous fait faire un bond dans le futur. Il y a cette chanson qui vous évoque des moments heureux, vous procurant comme une sensation d’euphorie dont il devient difficile de se lasser. Il y a aussi cet. te artiste qui parvient toujours à vous réconforter, à vous motiver et vous accompagne dans votre vie…Personne n’échappe au pouvoir de la musique et aux émotions qu’elle nous procure, pas même ces talents émergent.e.s que vous ne connaissez peut-être pas encore. Pour apprendre à les connaître, nous avons décidé de les soumettre à un questionnaire un peu particulier: le 33 Tours de Tourtoisie Music.


Crédits - Simon Bonnefoy

Présentez-vous en quelques lignes.


On est deux grands amis de longue date qui s’appellent Julien et Nicolas et qui vivent à Lyon. Notre sensibilité artistique est presque similaire et on va dire que nos chansons se mêlent bien, comme nos délires. On a donc formé AFTER GEOGRAPHY, dont le premier titre "Mr Rain" est sorti le 19 novembre - titre qui sera sur notre premier Maxi 45 T prévu le 11 février. Dès 2022, on sera sur les routes de France pour jouer tous nos morceaux accompagnés de deux de nos potes (Mathias et Etienne) car, sur scène, on est 4.



La chanson qui a marqué votre enfance ?


Julien : Je dirais que c’est "Souvenirs Souvenirs" de Johnny. J’ai trouvé ça par inadvertance dans des cassettes audio de mon père. Ça me mettait le sourire et me donnait envie de danser et de chanter.


Nico : "A hard day’s night" des Beatles.





Quel est le job le plus nul, ou le plus marrant que vous ayez déjà fait pour pouvoir investir dans la musique ?


Julien : Depuis que je suis ado, j’en ai combiné pas mal. Le plus drôle c’était peut être agent d’entretien communal car après un été complet de travail, j’ai donné mon salaire entier pour une guitare. J’avais plus de thune mais une Gibson Lucille, je me sentais bien plus comblé.


Nico : Le même que je fais depuis 10 ans (rires), je bosse dans une boîte de signalétique événementielle.


En grandissant, comment imaginiez-vous la vie d’artiste ?


Julien : Je n'avais en tête que les bons côtés, t’es forcément un peu naïf et heureusement.. Très rapidement, mon but c’était de composer, d’enregistrer des disques et de faire des concerts devant du monde. Je n’avais pas idée du fait que ça pouvait être stressant ou épuisant ni de comment fonctionnait l’industrie de la musique. Tu fabules beaucoup, mais au final je crois qu’il faut garder cette naïveté première, cela fait partie des choses qui te permettent de rester ouvert à l’inspiration.


Nico : Je pense que je ne voyais que les côtés satisfaisants, vivre sans emploi du temps, confort financier et reconnaissance. Maintenant on voit la face cachée de la vie d’artiste, tout ce qui doit être accompli hors « création artistique », c’est hyper enrichissant mais un peu moins glamour.


Si vous pouviez emprunter un talent à quelqu’un·e, n’importe qui, quel serait-il ?


Julien : La voix de Lennon pour foutre la mort à Nico.


Nico : Sans aucun doute la voix de John Lennon.


Si vous pouviez choisir de vivre à une autre époque, laquelle serait-elle ?


Julien : Milieu des années 60 à mi-70 pour la musique évidemment, pour s’habiller comme Brian Jones et aussi pour la légèreté et l’insouciance que cette époque dégage, même si on doit certainement l’idéaliser un peu.


Nico : Je dirais les années 60 pour tout ce qu’elles nous ont apporté artistiquement, le mouvement pop même au delà de la musique... Mais je crois aussi que j’aurais adoré vivre les années 90 non pas comme l’enfant que j’étais, mais comme jeune adulte. C’est une décennie incroyablement riche.


Le format audio que vous souhaiteriez remettre au goût du jour ?


Le Maxi 45 tours.


Trois bandes originales préférées ?


Julien : Jim Jarmush - Dead Man ( Neil young… un de mes thèmes de guitare préférés), Dune (incroyable), Le Bon, la Brute et le Truand (classe).



Nico : Les 3 bandes de mon survêtement adidas (rires). Je dirais la BO d’Interstellar, pas très original je pense, mais c’est un bijou. Je rajoute évidemment la BO du Seigneur des anneaux, ça fait 20 ans que je sifflote tous les thèmes de cette BO, tous aussi bons les uns que les autres. Pour finir, je dirais celle d’Usual Suspects, c’est un thème qui a été repris dans tellement d’autres films ou émissions... Tout le monde connait cette mélodie sans pouvoir parfois l’identifier, c’est fort.


Comment définir l’univers de AFTER GEOGRAPHY ?


Julien : C’est un univers en même temps très sophistiqué, appliqué, arrangé et c’est aussi très léger, fun et instinctif. C’est foot mais aussi un peu dandy. On aime les arrangements de quatuor à cordes mais aussi les guitares à fond dans un Vox AC30.


Nico : Un univers cool qui s’inspire de tout ce qu’on a pu digérer depuis qu’on écoute de la musique, et de tout ce qu’on aime à côté. C’est le glam early 70’s, la brit pop 90’s, et tout ce qui va autour, le foot, les pubs (rires). Vous mettez ça dans un blender et il en ressort AFTER GEOGRAPHY.



Y a-t-il une œuvre qui a influencé une de vos chansons ?


Pas une œuvre en particulier mais des références, des phares qui nous ont guidés. On a produit et enregistré nous-mêmes nos morceaux, c’était une première, et c’est hyper compliqué de partir à l’aveugle, sans références dans lesquelles se plonger pour s’assurer que la direction qu’on prend est la bonne. Dans ces références, je mettrais évidemment le White Album des Beatles et les premiers albums de Bowie et T-Rex.



Quelle couleur donneriez-vous à votre musique ?


Un spectre allant du jaune au rouge.


L'œuvre que vous écoutez en boucle dans une période compliquée ?


Electric Light Orchestra - Time.



Votre album préféré ?


Julien : Dur… Rubber Soul + Revolver des Beatles, j’arrive pas à séparer les deux.


Nico : Abbey Road.



Votre guilty pleasure (musique, film, livre, habitude, nourriture, autre...) ?


Julien : Le flan pâtissier, mais je ne me sens pas coupable... Donc je vais dire l’ensemble des génériques de Dragon ball. Je connais tous ceux en japonais, même un par cœur en portugais. C’est un peu inquiétant.


Nico : Un guilty pleasure qui ne devrait pas en être un d’ailleurs, c’est ABBA. Ce groupe est incroyable et largement sous-estimé quand il s’agit de parler de rock.


Et pour finir : à quel·les artistes souhaitez-vous donner de la force ?


Théo Charaf, KCIDY, J.E Sunde, Johnnie Carwash, The Scanners.

Propos recueillis par Jean Fofana