B.O.BINES #14 :Focus sur la musique originale, catégorie phare de l'Académie des César -Édition 2021

Chez Tourtoisie, on aime autant danser dans les salles de concert que s’asseoir au fond d’un siège moelleux devant un écran géant. En prêtant toujours une oreille attentive au contenu audio des films, une fière équipe de frondeurs est heureuse de vous présenter B.O.BINES, la branche cinématographique de Tourtoisie. Cinéma indépendant, bandes originales renversantes, compositeurs émergents, festivals dynamisants… C’est avec grand plaisir que chaque mois, nous vous partageons nos coups de cœurs musicaux du grand ... et du petit écran (confinement et couvre-feu obligent, et oui !). Cette semaine, on célèbre la musique au cinéma avec la cérémonie de l'Académie des César 2021 et sa catégorie meilleure musique originale !

© Lira Films / Sonocam / Fida Cinematografi ca / Collection ScreenProd / Photononstop
© Lira Films / Sonocam / Fida Cinematografi ca / Collection ScreenProd / Photononstop

Le 12 Mars 2021 aura lieu la 46e cérémonie des César. Si l’on parle souvent des nommés au meilleur film ou à la meilleure réalisation, on évoque rarement la catégorie de la musique originale. Pourtant celle-ci existe depuis la création des César - en 1976 - et a récompensé une pluralité de compositeurs.

Cette année en compétition 5 oeuvres originales : le travail de Christophe Julien pour Adieu les cons d'Albert Dupontel, celui de Stephen Warbreck pour ADN de Maïwenn, la composition de Mateï Bratescot pour Antoinette dans les Cévennes, l’oeuvre de Jean-Benoît Dunckel pour Eté 85 et enfin l’expérimentation de Rone pour La Nuit venue (dont on vous parlait dans l’article BEST OF de 2020). 5 films qui, malgré la fermeture (interminable) des salles de cinéma, ont réussi à rencontrer, durant une courte période, leur public. A noter qu'Été 85 et Adieu les cons comptabilisent chacun 12 nominations, en tête après Les choses qu'on dit, les choses qu'on fait d'Emmanuel Mouret (13 nominations).

Été 85 © Jean-Claude_Moireau_2020_MANDARIN PRODUCTION_FOZ_France 2 CINEMA_PLAYTIME PRODUCTION_SCOPE PICTURES. Antoinette dans les Cévennes © Julien Panié / CHAPKA FILMS / LA FILMERIE / FRANCE 3 CINEMA

La côte normande, au milieu de l’Eté 85, un bateau échoué, deux adolescents… Ozon nous livre dans cette romance notable une bande originale ancrée dans l’univers new wave. Jean-Benoît Dunckel propose une composition nostalgique des années 1980. On discerne même une volonté sous-jacente de proposer un film proche de la série B et du roman photo.

Un garçon tourmenté, l’air innocent de l’été : quoi de mieux qu’un extrait d’ “Inbetween days” ? Si les Cure étaient inévitables dans la bande son du film, l’hommage rendu à la Boom surprend et ravit. “Reality” de Richard Sanderson disparaît pour laisser place au hit “Sailing” de Rod Stewart. Certes le slow n’est pas au rendez-vous, l’émotion est bel et bien présente. Ce titre aurait été réclamé directement par l’un des deux acteurs phares du film, Félix Lefebvre (source : Vanityfair).


Retour dans le présent, dans les Cévennes, Mateï Bratescot revient sur la scène musicale cinématographique après les Vétos et Sales Gosses pour sublimer la comédie de Caroline Vignal, Antoinette dans les Cévennes. Des morceaux aux sonorités folks, du banjo, de la contrebasse, des emprunts à l’univers du western, cette BO des plus uniques reflète parfaitement l’expédition hasardeuse de la fameuse Antoinette.


ADN © Malgosia ABRAMOWSKA Adieu les cons © Jérôme Prébois – ADCB Films La nuit Venue © Jour2fête

Le renouvellement de la collaboration entre Stephen Warbeck et Maïwenn avec ADN - après Mon roi en 2015 et Polisse en 2011 - est-il le présage d’un majestueux césar ? Des résonances orchestrales, des instruments à cordes pincées type oud, le compositeur britannique frappe fort avec cette BO donnant une impression plaisante de mélancolie en harmonie avec un certain retour aux sources.


Pas étonnant que la bande originale de Rone dans La nuit venue ait été remarquée. La place de la musique dans ce film est omniprésente : elle structure ce dernier, devenant presque un personnage. Grisante, permanente et excitante, le pari de la collaboration Frédéric Farrucci - Rone est une réussite.


Enfin, Albert Dupontel fait le choix dans Adieu les cons d’une mosaïque musicale. D’une part, on y trouve des musiques originales composées par Christophe Julien, son collaborateur fétiche avec qui il a travaillé sur Le Vilain en 2009, 9 mois ferme en 2013 et Au revoir là-haut en 2017. D’autre part, se nichent des musiques déjà figurantes dans des films préexistants. On remarque par exemple un titre d’Alexandre Desplats auparavant utilisé dans Extrêmement fort et Incroyablement près, un morceau de Nikolaj Egelund que l'on peut entendre dans La Chasse ou Abel Korzeniowski dans A Single man par exemple.


5 films, 5 univers musicaux bien distincts... Si chacun mérite de remporter ce trophée, on trépigne chez BOBINES de savoir qui succèdera à Dan Levy (lauréat pour J’ai perdu mon corps). Réponse dans 10 petits jours sur Canal+ en clair.



Par Adèle Hurier