Interview #3 - Kurt20:20


Il sera au rendez-vous de notre 3ème édition d'In(sei)ne le 26 septembre prochain et il s'est confié à la rédac' de Tourtoisie. Voici KuRt 20:20.



Hello Kurt, tout d'abord tu peux nous présenter ton projet Kurt20.20 ? 


Pour l'instant, le projet c'est de faire la meilleure musique possible : celle qui me ressemble, celle que j'aime et d'avoir de beaux visuels, rassembler une audience... Tout ça en totale indépendance, pour avoir un impact dans le milieu.


20:20, c'est une référence à quoi ?


20:20 c'est juste deux mille vingt. C'est une sorte de pacte que je me suis fait : en 2020 c'est le vrai début de ma vie d'artiste. C’est ne plus la prendre entièrement comme un jeu mais aussi comme un travail, me dire que c'est ça qui me fera vivre. J'ai une décennie pour réaliser mon rêve : c'est ma deadline. Et mettre le 2020 en mode heure (20:20) c'était juste parce que je trouvais ça stylé. En vrai, tu peux dire KuRt Deux Mille Vingt, Twenty:Twenty ou même Vingt:Vingt !


En 2019, tu as sorti deux EPs "Charbon" & "Noir Ivoire", tu peux nous en parler ? Comment ils sont nés ? 


Noir Ivoire c'est le premier EP solo. Dans ce projet je voulais évoquer plein de choses comme la rage de réussir, l'espoir, l'amour que je porte à ma mère, à mes frères et aux femmes, à certaines addictions aussi... Et parler un peu de l'Afrique également. Je voulais que les prod aient quelque choses en commun, cette couleur noir ou rouge, qu'elles transmettent la même émotion en sonnant différemment. C’est dû au fait que pendant ce projet j'ai perdu un membre de ma famille, j'avais mis les études en pause et je m'étais fait virer de mon job. Mes dernières économies ont été investies dedans et je ne regrette pas. Les visuels ont été réalisés par mes frérots P'R et Wallace et moi même, ça été fait entre frères dans une chambre, ou dans un bureau où on venait clandestinement, ahaha !


Charbon c'était vraiment pour me donner un coup de boost. Je sentais que je n’avais pas dit tout ce que je voulais dans Noir Ivoire et je voulais essayer de nouvelles choses en terme de prod et d'écriture. J'ai commencé à l'écrire parce qu’un label m'avait contacté, ils voulaient des sons, puis ça ne s’est pas fait finalement. A ce moment, je me suis dit que pour l'instant, je n’avais pas forcément besoin d'un label pour pouvoir faire de la musique et qu'il fallait juste que je continue de faire ce que je savais faire et que je me perfectionne : essayer d'être plus précis dans l'univers que j'essaie d'avoir. Je crois que ça m'a aidé.  


Qu'est-ce que tu veux faire passer comme message dans chacun de ces deux EPs ?


J’aimerais faire comprendre que vouloir être libre et rêveur : c'est normal. Si tu ne rêve pas, c'est que t'es déjà mort . Il faut être fidèle envers soi-même et envers les siens (famille, amis etc...), tu peux être ce que tu veux mais il faut garder tes principes et tes valeurs. Enfin, qu’être artiste ce n’est pas seulement vouloir être une star, être connu, avoir beaucoup de followers. Il y a quelque chose de bien plus profond.


C'est quoi ton approche de la musique ? Comment tu crées un morceau ?


La musique c'est depuis tout petit. Mon premier souvenir c'est une cassette de Michael Jackson pour une tournée je crois, à la fin il y avait le clip de Ghost. Il y'a aussi eu la musique congolaise que ma mère écoutait, le R’nB de ma grande sœur et le rap de mon grand frère. 

Le rap, je m’y suis vraiment intéressé quand je suis allé à Londres et que j'ai découvert 50cent grâce à mon grand cousin, et puis plus tard par un ami de mon frère qui lui gravait des CDs. Je lui en volais pour les écouter. Il y avait 50cents, Kanye, Lil Wayne, Booba, Rohff... Le rap français c'est vraiment venu un peu plus tard pour moi, j'ai commencé à digger parce que je voulais connaître, écouter ceux qui ont inspiré ceux que moi je suivais, donc j'ai écouté les anciens comme Oxmo,  Fabe, Lunatic, Busta Flex, Doc Gyneco...

J’ai commencé à écrire vers 18 ans. Je parle beaucoup tout seul, du coup quand j'écris c'est en réalité une conversation avec moi même. Maintenant j'en ai besoin, ça m'aide beaucoup, j'évacue pleins de choses, bien ou mal. J’ai toujours envie d'avoir les meilleurs textes, flows, les meilleurs couplets ! J'écris partout, dès que je peux, j’essaie d’écrire, je crée ! Parfois ça passe également par l’écoute des prods que je reçois ou que je fais avec Zigloff.


Tu peux nous parler de Cotillard, ton morceau le plus écouté en feat avec Eden Dillinger ?




Cotillard c'est une prod de Piège (un génie) et c'était un morceau d’Eden à la base. Il avait déjà beaucoup de sons donc il me l’a proposé car j’aimais bien le refrain ultra egotrip et son couplet introspectif. Je suis vraiment content d'avoir ce son sur mon projet ! 


En écoutant tes morceaux, ça nous a évoqué Timothée Joly et Zed Yun  Pavarotti, ce sont des artistes que tu apprécies ? Quelles sont tes influences ?


Alors Timothée Joly c'est un gars que j'écoute et que je connais, j'aime vraiment ce qu'il propose : c'est frais. Genre "J'ai pris à gauche" ou "La couleur du sang" ce sont des morceaux qui me parlent ! Zed Yun j'aime aussi ce qu'il propose, son dernier projet French Cash est chaud, j'ai bien kiffé "Boomerang" et "Papillon". Je suis influencé par pleins de gens/choses. Ma première influence c'est ma mère pour plein de raisons, surtout sa persévérance... Ensuite t'as des gars comme Basquiat Ou Kerry James Marshall, qui, eux, m'inspirent au niveau des messages que je veux faire passer. Ce sont des peintres ultra talentueux qui font des choses totalement différentes mais portent le même message !

Mes influences musicales sont assez éclectiques, pour vous en citer quelques-unes : Michael Jackson, tout part de lui, Wondagurl (productrice pour Travis Scott), Travis Scott, Tyler The Creator (mon guru), Asap Rocky & Ferg, Lunatic mais plus Booba , Oxmo...

Et dans le rap français d'aujourd'hui, j’écoute beaucoup Laylow, Makala,Ateyaba, Slimka, Dinos, et Luidji. Et j’écoute beaucoup Don Toliver, en ce moment, c'est un génie ! 


Chez Tourtoisie Music, on s'intéresse aux artistes émergents ou peu connus, y'aurait-il des artistes urbains que tu aimerais nous conseiller ?


Je ne conseille que mon frère Wallace Cleaver, c'est mon rappeur préféré ! Il sera avec moi sur scène au Pop Up ! Au-delà de la musique c'est mon frère d'une autre mère, et si je fais de la musique c'est en partie grâce à lui.  Allez écouter son projet "98" et attendez la suite parce qu'il arrive FORT !


Tu alternes entre Trap et Cloud, quitte à mélanger les genres en gardant une constante : une saturation poussée et des textes torturés, on peut s'attendre à quoi dans ton live au Pop-Up le 26 prochain ?


“POGO” c'est le mot d'ordre ! Y'aura pas que ça mais je veux voir de la sueur et du sang aha ! 


Écouter KuRt 20:20

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