Interview #10 : Ed Mount

Mis à jour : 18 nov. 2019

Il sera au rendez-vous de notre 5ème édition de Populous le 16 novembre prochain, et il s'est confié à la rédac' de Tourtoisie. Voici Ed Mount.





Salut Thibault, on t’a découvert aux Disquaire Day en 2018, à l’époque tu présentais ton EP Space Cries. Maintenant ton dernier EP Left My Heart est sorti ... on attend le prochain ?

Plutôt l’album ! Je suis en pleine écriture, ce sera pour 2020 !


Tu l’écris tout seul ?

Je compose et j’écris tout seul. Comme je suis très exigeant, l’écriture je la fais en solitaire et pour les instruments je demande à des potes, mais la composition vient presque que de moi.


Tu pourrais nous en dire plus ?

Il sera assez doux encore, comme le second EP. Le précédent était un peu plus dansant.

On me dit souvent que ma musique a des sonorités un peu 80’s, là ce sera plus un truc 70’s. Notamment dans les batteries, qui seront de vraies batteries, et dans les références plus seventies.


Est-ce qu’on y retrouve les même thèmes ?

En fait, j’écris la musique et après les paroles. C’est une très grande souffrance pour moi parce que les paroles du coup doivent convenir à la mélodie.

Quand j’écris les mélodies, je fais du yaourt, et y’a des mots-clés qui ressortent pour le côté rebondissant par exemple dans les toplines et les paroles viennent ensuite.

Mais j’écris beaucoup autour de l’amour, et le temps aussi ! Ca va se retrouver aussi !


Du coup, tu ressens plus par rapport aux mélodies que par rapport aux paroles dans ta façon d’écouter ?

C’est ça ! En tant que public et spectateur, je n'écoute pas beaucoup les paroles. Ca vient surement de ma formation jazz.


Donc la catharsis que tu pourrais faire se retrouverait plutot dans la composition? Tu y recherches quoi ?

Je suis un obsessionnel des accords, de leur enchaînement, de la construction d’un couplet-refrain vers le pont. Je ne laisse aucun accord de la grille au hasard !


Ce serait quoi pour toi une composition “wow” ?

Beaucoup des morceaux de Paul McCartney ! Ce qui est fort chez les Beatles ce sont les harmonies-mélodies. Quant t’analyses un peu le truc (même si c’est pas comme ça que ça s’écoute) c’est incroyable ! Et ce qui est beau c’est que ça parait simple mais ça ne l’est pas !

C’est intéressant ce que tu dis. C’est vrai qu’on a remarqué qu’on écoute pas tous de la même façon. Par exemple moi (ndlr : Prisci), j’écoute plus l’enveloppe globale : les paroles et l’instru comme un tout, alors que j’ai des amis musiciens qui vont plutôt s’attarder sur les constructions de composition du morceau.

Après c’est intéressant d’écouter les paroles parce que forcément il y a quelque chose. Peut-être davantage dans les années des Beatles. On racontait des histoires.

Aujourd’hui on est tellement dans les “hooks” et dans l’efficacité, il faut que ça claque !

Un artiste qui écrit vraiment des paroles c’est Frank Ocean ! C'est des histoires avec des ambiances, tu te projettes dans un personnage comme si c’était un film. Il le dit lui-même. Du coup, je les écoute forcément car c’est plus "pensé".


Tu penses à faire des hooks toi ? Tu ressens un peu cette “pression”?

J’essaie de me lâcher un peu. Je pense déjà beaucoup à la musique dans la composition, donc j’essaie de lâcher car sinon ça aboutit à quelque chose de trop figé, il faut laisser quand même des surprises. Dans le texte aussi, je me permets de m’amuser un peu.


Quand on t’avait vu au Point Ephémère en 2018 pour les Disquaires Days , on avait été touché par Space Cries et This Song Will Be The Same. Dans This Song Will Be The Same, il y cette idée que malgré l’évolution des choses, avec le temps, certaines choses peuvent perdurer intactes, dont cette chanson, figée à un instant t dans un moment m. C’est quoi ton rapport au temps à toi ?

Je me suis rendu compte en écrivant des paroles que dans presque chacun de mes morceaux, il y a un rapport au temps qui passe. C’est marrant parce que dans la vie je ne suis pas trop dans la nostalgie. Je suis même plutôt partisan de regarder vers l’avant. D’ailleurs j’ai un autre refrain qui dit : “The Future Can’t Be Wrong”, ça veut dire que si tu regardes vers l’avant et que tu donnes les moyens, ça se passera bien. Alors qu'au contraire, tu stagnes un peu si tu regardes vers l’arrière.


Un jour, dans une interview, on m’a dit “tu parles tout le temps du temps” mais en fait c’est pas voulu ! Ca doit être une angoisse cachée peut-être !


Je pense que le fait d'avoir un enfant c’est sur que ça sensibilise à cette question aussi. Car le fait d’avoir créer un être ça donne un autre sens au temps qui passe. En vrai, c’est un peu le truc classique des pères musiciens d’écrire une berceuse, mais j’avais envie de le faire. Et, je l’ai écrit très vite, alors que normalement je n’ai pas cette rapidité dans l’écriture. C’était très naturel.

Dans les prochains textes, il y aura encore un peu de “temps”, à la différence que maintenant j’en ai conscience, donc j’en joue un peu.


Tu nous fait un peu penser à MorMor, Papooz ou encore Puma Blue, et un titre de Michael Jackson (rires) Rock With You, c’est quoi tes influences à toi ?

Ah j’adore Papooz ! MorMor et Puma Blue, j’irais écouter, je ne connais pas !

Pour te répondre, j’adore Paul Simons, ça ne s’entend peut-être pas beaucoup. C’est un mec qui fait de la pop mais qui a des harmonies jazz, ça m’intéresse ça !

Y’a aussi Prince … Mais bon, se comparer à Prince… tout le monde en général adore Prince (rires)!


Et qu’est-ci qui t’avait attiré dans le jazz au départ ?

C’était la liberté du jazz … que j’ai fini par trouver enfermante finalement. Au début, j’avais 15 ans, j’ai commencé à écouter Charlie Parker, c’était ouf parce que c’est une révolution dans la musique. Puis Coltrane aussi …

Maintenant, ce qui se fait aujourd’hui, je suis moins au fait, je trouve que c’est trop enfermant. Brad Mehldau maintenant, je trouve ça un peu froid, j’ai peut-être perdu la sensibilité... Mais j’ai fini par avoir un ras-le-bol, j'en ai trop écouté.


Tu peux nous parler un peu plus de ton nom d’artiste ? Tu savais que c’était un joueur de hockey sur patins (rires)

Ouais (rires).

J’avais la volonté d’avoir un prénom-nom, je ne voulais pas que ça fasse trop américain. Donc j’ai cherché des noms un peu génériques et passe-partout, et j’ai trouvé ce nom là. C’était plus pour la sonorité, j’ai trouvé que ça allait bien ensemble.


On a commencé par parler du prochain EP, mais tu pourrais nous parler du dernier que tu as sorti Left My Heart ? Par exemple, le clip éponyme c’était une référence à Michael Jackson ?

La position ? Peut-être, y’a peut-être un peu de ça.




Et pourquoi avoir voulu faire un clip statique, alors qu’on s’attend, par essence, à ce qu’un clip soit mouvant?

J’aime bien les clips que tu ne regardes pas vraiment, une sorte de faux gif.

J’essaie aussi de trouver des idées simples qui fonctionnent, plutôt que d’avoir de gros tournages avec des comédiens, ça ne m’intéresse pas.

Aussi, c’est peut-être dû au fait que je ne regarde plus de clips. Musique et image, je trouve que c’est important. Mais comme je ne fais pas trop de vues, je ne prends pas plus la tête.

En parlant de clip, on a adoré le clip de Make It Right avec les sous-titres qui ne correspondent pas aux paroles. On s’est même fait berné !

(Rires) En fait j’ai passé les paroles dans Google Traduction de l’anglais vers le français, et ça m’a sorti ces traductions incroyables !




Comme on est un média sur les artistes émergents, t’aurais des artistes à nous partager ?

Il y’a mes potes de Ojard, dont un est le bassiste sur le dernier album de Papooz, Maxime Daoud. Il y aussi Ricky Hollywood, avec qui je joue, on aura des dates en 2020 d’ailleurs !



Et un film, une expo ou un livre qui t’a inspiré pour conclure ?

J’ai adoré pendant très longtemps Adaptation de Spike Jonze. Le scénario est de Charlie Kauffman, qui a aussi fait les scénarios de Gondry ou du film Dans la peau de John Malkovitch donc c’est un film à tiroirs où tu ne discernes pas ce qu’est la réalité.

Dans le film Nicolas Cage a un jumeau et c’est la dualité entre les deux frères qui m’a bien parlé. Je suis Gémeaux donc la dualité je connais bien (rires), on est toujours un peu dans ce double truc.



Ed Mount sera en concert au Hasard Ludique le 16 novembre, pour notre soirée Populous#5 ! Prend ton billet !


Interview réalisée par Priscilia Adam

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