French 79 : "Si je peux composer la journée c’est que le matin j'ai passé deux heures en mer..."

On a retrouvé French 79 autour d'une mousse à la Petite Halle du parc de la Villette, à Paris. A cette occasion l'artiste basé à Marseille nous parle de sa passion pour la musique électronique, mais aussi de son goût pour la navigation, le cinéma et le skate.


T’écoutes quoi en ce moment ?

Max Cooper, un allemand qui fait de la musique électronique. Avishai Cohen aussi, c'est du jazz très accessible avec des super mélodies ; et puis un album de Véronique Sanson qui s'appelle "Hollywood", composé avec les musiciens de Marvin Gaye.

On se retrouve pour parler de Joshua, ton dernier album. Pourquoi avoir choisi ce titre ?

Ca rejoint deux histoires. Premièrement c’est le nom d’un personnage du film "War Games" que j’ai vu et revu plein de fois, un peu futuriste qui parle de la guerre thermo-nucléaire qui m’avait donné envie d’avoir un ordinateur à l’époque. J’étais fasciné par ce côté techno. La deuxième histoire, c’est que c’est le nom d’un bateau dans un bouquin qui m’accompagne depuis longtemps. Le navire part faire le tour du monde une première fois, puis une deuxième… J'adore le sentiment de liberté que procure le grand air marin.


Tu es passé par la batterie, puis la guitare-voix et la voix, et aujourd’hui tu es à fond dans les synthés et autres instruments électroniques... 

Oui, je suis un peu touche-à-tout. Quand tu vois un synthé analogique avec plein de câbles, tu te dis : "putain mais comment ça marche !" alors qu’en fait c’est assez facile, c’est ultra fascinant ! Je suis attiré par la musique électro depuis toujours, j’ai fait du conservatoire mais j’ai vite adopté toutes ces nouvelles sonorités.

Tu te souviens de ta première rencontre avec la musique électronique ?

C'est beaucoup passé par le cinéma, avec les films de Roubaix, le Grand Bleu, les Belmondos, Chapi-Chapo etc. C’est des films qui n’avaient pas les moyens de se payer un orchestre, et donc utilisaient des synthés. C’est aussi pour ça qu'en France on a une culture particulière avec l'électro. C’est de là que viennent les Daft Punk et les autres qui suivent. Et les gens ne s’en rendaient pas compte mais on en entendait partout ! Dans la musique de Pink Floyd ou de Bob Marley par exemple ...



Tu as grandi, dans les Vosges, puis tu as choisi de vivre à Marseille, pourquoi ?

C’est une ville où je suis descendu après mes études. Je venais d’Epinal, et quand on arrive dans une grande ville comme ça, personne ne dit : « ah ouais nan en fait je préfère retourner vivre chez moi ». Maintenant j’ai besoin de vivre dans une grande ville, et en plus à Marseille il y a la mer !


A la maison, ils écoutaient quoi tes parents ?

Mon père écoutait beaucoup Pink Floyd, les Doors, et ma mère c’était plutôt de la chanson française : Barbara, Brassens, Brel. Jusqu’à dix, douze ans c’est tout ce que j’ai écouté, puis avec l’adolescence et la rebellion qui accompagne cette période de la vie je me suis forgé une identité musicale personnelle. J’ai grandi avec les Beastie Boys, Daft Punk etc.



Tu es passionné par le skate et le cinéma, est-ce que ça influence tes créations musicales ?

Le cinéma m'influence plus particulièrement car j’essaye toujours d’avoir des images en tête quand je compose. L’image et le son vont souvent ensemble pour moi, il y a plein de scènes de cinéma qui ne fonctionneraient pas sans la musique. Et pour ce qui est du skate, ça répond plus à un besoin que j’ai, comme le surf. C’est comme ça que je me sens bien, et c’est aussi ce qui me permet de faire ma musique plus indirectement.


Tu es aussi un grand navigateur…

Ah bah si je peux composer la journée c’est que le matin j'ai passé deux heures en mer...

Après Nasser et Husbands, pourquoi être parti sur un projet solo ?

C’est venu naturellement parce que je venais de faire deux ou trois albums avec Nasser, un album avec Husbands, c’était de la musique sans voix et donc ça me semblait logique de continuer à créer différemment avec un nouveau projet. Je trouve que la musique électronique se prête bien à être seul sur scène.


Tu as tourné en Asie, en Europe, en Amérique du Sud et cumules plus de 150 dates. Est-ce que tu as de nouvelles sensations sur scène depuis French 79 ?

Carrément, quand ça se passe bien tu prends tout pour toi, et quand ça ne se passe pas bien tu prends tout pour toi aussi ! Je trouve ça bien d’alterner en solo et en groupe comme j’aime bien alterner studio, DJ Set, Live etc.



Est-ce que ta musique est pensée pour que les gens dansent ?

Surtout quand je prépare un live. J’aime bien la musique électro que tu peux écouter sur scène, en voyage ou en travaillant. Mes sets sont modulables, sur scène j’oriente ma musique vers des sonorités plus clubbing.


C’est quoi les prochaines influences que tu vas inclure dans tes compositions ?

J’ai vraiment envie de travailler sur le jazz, la musique est cyclique et des sons comme ceux de John Coltrane sont ringards depuis 20-30 ans mais ça revient en force, surtout en Angleterre. J’ai envie d’explorer cette voie.



Propos recueillis par Jules de Saint-Michel


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