Bergmann : "Chaque concert me soigne un peu plus"

Le 1er octobre prochain, Bergmann se produira au Hasard Ludique pour le 5ème anniversaire de Tourtoisie Music. À cette occasion, nous l'avons rencontré afin qu'elle nous en dise un peu plus sur sa musique et sur elle-même. Elle revient sur son premier album No Curfew, son personnage, ses aspirations et le bonheur qu'elle trouve dans la musique.



Tu viens de sortir ton premier album, No Curfew, dont on a déjà parlé sur Tourtoisie Music. Qu’est-ce ça que te fait de voir ton projet vivre ?


Ça me rend super heureuse qu’il continue de vivre après cet été et d’avoir encore des médias intéressés, des dates de concerts qui tombent et de recevoir des messages de gens qui le découvrent. Ce que je préfère, c’est le fait que personne n’a jamais la même chanson préférée. C’est vraiment comme ça que j’ai conçu l’album, il y en a pour tous les goûts parce que j’ai des goûts musicaux très vastes et c’est ce j’espérais.


Tes morceaux sont engagés et/ou intimes, n’est-ce pas trop difficile de se dévoiler comme ça ? Surtout sur scène ?


Non, au contraire, ça nourrit l’interprétation, ça rend le truc plus sincère et plus vivant pour le public je pense. Et pour moi, c’est un tout petit sacrifice pour un immense bonheur.



Tu as grandi dans les théâtres grâce à ta mère qui travaillait dans ce milieu. En quoi cela a-t-il influencé le personnage que tu t’es créé avec Bergmann ?


Ça a tout influencé. Je pense que mon personnage est une version extrapolée de moi-même, avec des traits plus marqués comme au théâtre où on est très maquillé et où on parle fort pour que les gens assis au fond voient et entendent. C’est pareil pour moi, je marque le trait pour que le message passe.


"Je veux être un vaisseau pour des mots et des mélodies qui touchent un spectre large de personnes"


Ton premier album s'appelle No Curfew pour illustrer ton désir de ne pas te mettre de limites. Est-ce que tu arrives à faire et être ce que tu veux ?


Oui, comme je disais tout à l'heure, l’album touche des personnes de tout âge et tout horizon et c’est un honneur pour moi d’arriver à les toucher différemment. J’ai des adolescents qui m’écrivent - j’ai un soft spot pour l’adolescence -, des mères, des pères de famille et des gens de mon âge. Je pense que je parle de sentiments assez universels donc ça fait sens mais ça me rend hyper heureuse que ça résonne en chacun. Et en ce qui me concerne, c’est exactement ce que je veux être, un vaisseau pour des mots et des mélodies qui touchent un spectre large de personnes. Et de manière plus personnelle, oui, chaque année je me rapproche un peu plus de la personne que je veux être et je pense que le fait de me brûler le moins possible joue un grand rôle là-dedans.



"Je pense que mon personnage est une version extrapolée de moi-même"


Tu as dit dans une interview que tu étais adepte des artifices pour compenser un manque de confiance en toi. Est-ce que te produire devant un public comme tu vas le faire le 1er octobre te permet de te libérer ?


On va voir (rires) ! Depuis que j’ai perdu ma maman, j’ai développé un gros stress sur scène qui ne m’appartient pas et à chaque concert, j’ai l’impression de dire un peu "merde" à ces angoisses. Chaque concert me soigne un peu plus, c’est vraiment mon médicament à moi la scène en fait. Et tout mon attirail, les faux ongles, les outfits que je porte, mes super musiciens et le public m’aident dans mon processus.


Qu’est-ce que ça te procure comme sensation de pouvoir remonter sur scène ?


En vrai, ça me fait hyper plaisir même si comme les concerts sont assez espacés entre eux, j’ai une grosse dose de stress que j’intériorise dans les jours qui les précèdent et je trouve toujours le moyen de tomber malade (rires) ! Mais c’est un grand classique. En fait, je crois que ça m’apprend à être plus légère et à laisser glisser les aléas qui pourraient me déstabiliser. Et en général, il se passe un vrai truc avec le public donc je suis super heureuse de parler et de faire un peu la fête avec eux après.



Qu’est-ce que tu poses comme intentions pour ton futur musical ?


Ah les intentions les plus folles possible bien sûr ! On dit qu’il faut viser la Lune ? Je vise la Lune. En vrai, ce que je souhaite c’est faire vivre cet album, faire les featurings que j’ai prévu pour cette rentrée, qui, je crois, vont être assez fous, avec des artistes que j’aime et que j'admire beaucoup. Partir en tournée, écrire de nouvelles chansons, conceptualiser les clips, essayer via mon art de rendre ce monde un tout petit peu meilleur et tout ça en boucle en fait. Ne jamais m’arrêter et faire ça jusqu’à ce que je sois très vielle et continuer en hologramme quand je ne serais plus de ce monde.


À l’occasion du cinquième anniversaire de Tourtoisie Music, Panache! se produira sur la scène du Hasard Ludique le 1er octobre prochain. Retrouvez plus d’informations à propos de l’évènement sur le site du Hasard Ludique ou sur Facebook.



Propos recueillis par Agathe Pinet