Bergmann chante nos émotions

Le 7 mai dernier sortait No Curfew, le premier album de Bergmann. Quatorze titres, autant de thèmes abordés et bien plus d’émotions ressenties. Le titre de l'opus vient du désir de l’artiste d’être libre de créer sans limite et de n’appartenir à aucune case. Avec cet album, elle semble hors du temps, à la fois en dehors du monde et en nous tous.tes tant sa voix touchante nous transperce. Elle traduit tout, la mélancolie, la tristesse, la douceur et l’euphorie.



© Nicolas Garrier

L’artiste porte en elle quelque chose de précieux, une personnalité intense et singulière qu’elle parvient à insuffler dans tous les aspects de sa musique. Elle écrit ses morceaux, réalise ses clips et gère son image mystérieuse. Ce mystère, elle le cultive, qu’il s’agisse de son nom androgyne ou des personnages qu’elle incarne dans ses clips : dealeuse, dépressive ou encore tueuse. Cet amour du jeu et de l’incarnation, elle le tient de sa mère comédienne et de sa culture cinématographique qu’elle a construite durant ses longues nuits d’insomnie. Toutes ses influences se retrouvent dans son travail, elle s’invente et se réinvente avec brio dans des styles variés : pop, soul, R’n’B ou encore reggaeton.





Ce qui rend les chansons de Bergmann si puissantes est probablement leur universalité. L’artiste prouve, à travers ses histoires intimes, que nous sommes tous.tes bien plus proches que nous le pensons souvent. Avec « Ambre », elle parle de l’amour qui imprègne l’amitié entre femmes, quelque chose d'intense et bienveillant qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. A l’écoute de ce bijou, nous pensons toutes à une amie pour laquelle nous pourrions faire n’importe quoi. Sa voix lancinante est contrastée par une instru aux sonorités synthétiques qui dynamise le tout avec justesse.


La musique et l’écriture sont pour Bergmann un moyen de garder le cap, comme un phare la guidant dans l’existence après les malheurs qu’elle a pu traverser. Il y a quelques années, l’artiste à du mal à trouver son chemin dans l’industrie musicale, puis sa mère décède et elle doit quitter une relation toxique. Ces épreuves la rapprochent d’icônes de la souffrance aux voix d’or comme Barbara et Dalida. Cela contribue probablement aussi à son intemporalité. « Sour Hour », treizième titre de l’album, est dédié à sa mère dont elle a tiré sa force, dans ce morceau, l’artiste s’adresse directement à elle. Sa musique lui permet de se libérer et de s’exprimer, comme une catharsis.





No Curfew est groovy et nous fait danser, notamment avec « Love Potion ». Ce morceau est un hymne à la fête, Bergmann l’aime et le chante : « Love Potion got me good » . Dès les premières notes le rythme est installé et nous donne envie de nous lever et de bouger nos corps. Fun fact, c’est en soirée, avec l'aide de quelques verres que l’artiste chante dans une soirée et se voit offrir la proposition de faire des open mics. Voilà sa carrière lancée.


Mention spéciale pour « The Jinx » qui célèbre l’amour. Comme dans nombre de ses chansons, Bergmann fait l’éloge de l’intensité et des passions. Elle y chante l’amour inattendu qui se présente à nous parfois sans que nous l’attendions : « When I stood up to leave you got my attention ». Sentimental aux accents R’n’B, ce morceau va nous suivre tout l’été, comme le reste de l’album.



© Nicolas Prokopiadis


Agathe Pinet