Basile vous ouvre les portes de son Palace...



Avec la sortie de « Qu’est-ce que tu nous chante ? », Basile Palace signe une entrée fracassante sur la scène « pop urbaine » parisienne. Nous le retrouvons dans les studios de Néon Napoléon où il nous parle avec une grande lucidité de son rapport à la musique et de l’évolution du rap.





Salut Basile, tu écoutes quoi en ce moment ?

Salut, alors en ce moment j’écoute beaucoup de sons du dernier album de PLK [Mental, 2019]. Sinon il y a « Smog », un album de Giorgio Poi. Et puis pour finir, je trouve que ce que fait Billie Eilish dans « Everything I Wanted », c’est super fort.


Quand est-ce que tu as commencé à faire de la musique ?

Je faisais du rap dans le 11e (75011) avec des potes d’enfance dès le collège. Puis j’ai arrêté pendant presque trois ans, jusqu’à ce que je rencontre Clément Savoye (TEEERS) en 2018. Je lui ai montré une maquette d’un son que j’avais fait avec un pote, il a kiffé et on a commencé à travailler ensemble sur les prods. C’est lui qui m’a poussé vers un son plus « pop ». Je fais mes démos puis on travaille ensemble sur les arrangements pour trouver une identité sonore. En avril 2019 j’ai fais mon premier live au Pop-Up-du-Label (75012) et j’ai rencontré Séverin et Benoît [Néon Napoléon] qui ont décidé de me produire.


Tu viens de sortir ton premier titre « Qu’est-ce que tu nous chante ? » clipé. Quelles sont les émotions qui ont accompagné la production et la parution de ce morceau ?


J’étais super impatient, on a pris un an et demi avant de sortir le premier titre. Le morceau est prêt depuis six mois. Je le faisais écouter aux potes. Avec la sortie du clip, le projet Basile Palace prend de la consistance, rien que se voir sur Spotify, c’est un gros kiff !



Basile Palace, c’est un projet solo avant tout ?

Basile Palace, c’est moi mais il y a tout un collectif derrière. Taffer avec une équipe ça change tout. C’est familial, j’ai une amie qui chante sur des sons qui vont sortir. Au delà de me soutenir, beaucoup s’investissent dans le projet. « Basile Palace », c’est Basile dans son Palace, avec les potes autour. Je suis comme le groom qui ouvre la porte et à l’intérieur, c’est la fête. Tout le monde est invité (rires).


Tu peux nous raconter l’histoire du clip ?

Je l’ai réalisé avec un pote (Luca Lellouche), on a cherché ensemble plein d’idées. Au bout du compte, on s’est dit : « après tout, le premier son c’est la naissance de Basile Palace, viens on prend le truc au pied de la lettre ». Du coup on est parti de la naissance, on voulait faire un truc à la Eminem, où j’incarne tous les personnages. À la fin ça devient grosse teuf, on invite tous les potes. Ça permet de faire une suite, c’est le début d’un projet…


Comment est-ce que tu qualifierais ton style musical ?


J’ai du mal a dire que c’est de la pop ou du rap, aujourd’hui, tout s’appelle « pop urbaine ». Le rap s’est incrusté partout... regarde : Angèle met du rap dans de la chanson, Lomepal met de la chanson dans du rap. On fait de la pop mais avec toute la mixité actuelle des genres, les catégories évoluent. « Qu’est-ce que tu nous chante », c’est un de mes titres les plus « rap ». J’aime travailler avec des gars qui viennent du jazz, de la pop, on mélange tout dans un projet commun. Le côté rap il vient surtout de moi mais ça reste très hybride. Je pars toujours des accords avant de trouver la voix. J’ai arrêté de kicker sur des prods toutes faites. C’est comme ça que j’ai commencé mais en évoluant je préfère composer des prods sur mesure pour le morceau. C’est un processus organique.


Quelles sont tes influences ?

Pour l’image, les clips d’Eminem au début des années 2000, c’est ce que je préfère. A l’époque c’était super novateur. C’était des incursions dans le monde de la BD, il s’émancipait complètement du côté « gangsta rap ». Visuellement ses clips sont toujours très colorés et assez enfantins. Le gars était en avance, dans « Rap God » il dit « It’s not Hip-Hop, It’s Pop ». C’est un peu le même discours qu’on peut retrouver chez Niska ou Lomepal. Ils refusent l’étiquette de « rappeur » qui est devenue très stéréotypée. Les gens sont décomplexés aujourd’hui dans le rap. Ce qu’on appelle « le vrai rap » c’est pas la même chose pour tout le monde. Quand Booba est arrivé avec de l’autotune, on disait c’était pas du rap alors que aujourd’hui il incarne ce genre musical. Je serais pas étonné qu’un rappeur reprenne des sonorités à la Daft Punk ou Parcels. C’est un genre qui s’est construit sur la mixité et qui s’est popularisé. Les rappeurs des générations précédentes disent qu'il y a 20 ans, on ne les invitait jamais sur les plateaux télé, aujourd’hui c’est différent. A chaque fois qu’un truc nouveau arrive dans la société, ça crée un mouvement de rejet, mais aujourd’hui personne ne dit « j’aime pas le rap ».





À quel niveau est-ce que tu situes l’importance du texte dans ta musique ?

Au tout début, je voulais m’engager dans mes textes. Puis quand j’ai commencé Basile Palace, j’étais saoulé par plein de trucs, et la musique c’était un refuge ou tout est cool. Il y avait quelque chose de primitif dans mon rapport à la musique. Je cherchais des mélodies et une musicalité qui me faisaient kiffer indépendamment du texte. Je me suis rendu compte que j’aime vraiment chercher des mélodies. Il faut que ça reste naïf et spontané. Si il m’a fallu autant de temps pour sortir des morceaux, c’est que j’ai du dépasser une conception de la musique basée sur le plaisir immédiat pour la concevoir comme un travail. C’est le travail que je préfère. Quitte à rendre une image spontanée, il fallait que je ne me contente pas de faire des sons en 20 minutes alors que c’est évident que des choses peuvent être améliorées. La musique m’a rendu perfectionniste, ça m’a structuré. Je m’emmerdais en cours, j’étais sûr de vouloir créer et j’ai choisi la musique parce que c’est l’art qui me donne des frissons. Ma sensibilité est très instinctive dans l’art, il faut que j’ai des sensations pour apprécier une oeuvre. J’ai lâché la musique pendant trois ans, mais quand c’est revenu dans ma vie et que j’ai voulu m’investir, je me suis rendu compte que je fuyais ce qui me rendait heureux. Maintenant que j’ai trouvé mon palace, je suis bien dedans (rires).


A quoi est-ce que l’on peut s’attendre pour la suite du projet ?

Les prochains sons vont donner plus de visibilité sur mon identité musicale. Il y aura des textes plus introspectifs. Le but du projet Basile Palace, c’est de créer un filtre à travers lequel tu vois le monde différemment, sans peur, comme une fête. L’idée, c’est de se servir de la peine pour créer une énergie positive. Tout ce qui t’agresses au quotidien, t’en fais une force : tu le convertis comme un alchimiste. Si je fais de la musique et que je créer des images, c’est aussi pour combler un manque dans le monde de tous les jours.


Interview réalisée par Jules de Saint-Michel

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