Bagarre - Club 12345 : Chronique garantie béate et parfaitement subjective.



On a... Beaucoup aimé. Enfin j'ai, moi qui écrit, beaucoup aimé.


J’ai découvert Bagarre il y a un peu plus d’un an, au hasard d’une soirée à la Gaîté Lyrique. Descendu là en tête-à-tête avec un pote, curieux de voir ce que donnerait La Femme en live et espérant croiser Jacques au détour d’une pinte, on s’est retrouvé nez-à-nez avec Bagarre. Le nom nous disait vaguement quelque chose. La prestation n’a pas manqué de l’ancrer dans nos petits crânes. Depuis, j’ai guetté inlassablement la moindre sortie : il faut dire que quand La Bête vient littéralement vous faire une déclaration d’amour en direct, votre petit cœur ne manque pas de chavirer.


Ça faisait donc 3 semaines que je tannais mes proches avec leur album qui allait ENFIN sortir.

Bagarre, ça me fait le même effet qu’un pogo. Au début, la surprise ; comme si j’avais oublié ce que c’était. Ensuite, l’adrénaline : la deuxième session est celle de l’euphorie.

Entre pop, house, r’n’b, chanson, dub et trap (liste non contractuelle), l’album surprend dès le premier abord. D’autant plus que d’un morceau à l’autre, ce ne sont jamais les mêmes qui chantent. Entre horizontalité et ouverture totale, on en retient un esprit punk, autogestionnaire, multi-culturel, imprégné de tout ce qui se fait et capable d’en recracher une synthèse personnelle et intime.


Le groupe ne manque pas de rappeler dans chaque interview quelle est sa vision du club, autant lieu de mélanges, d’échanges et d’amour que de festivités. Club 12345 retranscrit fidèlement cette philosophie. S’ouvrant sur le bien-nommé Ecoutez-moi, l’album commence en une pression tout juste tempérée par le premier single sorti il y a déjà quelques temps, Béton Armé. Vient alors Mal banal, chanson en quête d’identité, un texte juste et mélancolique entre dépression et résignation.


Le cœur de l’album, si tant est qu’il dû en avoir un, s’atteint dans la pentalogie amoureuse qu’inaugure Diamant. La chaleur remonte avec cet hymne à la gloire de l’amour solitaire élégamment scandé par Emmaïdee sur un rythme soutenu par des percus puissantes et une ambiance digne des plus grosses teufs de la capitale. Honolulu parle de la solitude nostalgique : tout en douceur, c’est à l’être aimé toujours trop loin de soi que s’adresse ce morceau. La parenthèse ne dure pas : c’est avec le titre jersey club[1] Danser Seul que Master Clap déclare sa flamme à une rencontre de soirée. Au moins aussi intense mais dans un tout autre registre, Miroir est le morceau de toutes les nouveautés. Dans un style presque trap, c’est d’une voix brisée que Mus nous raconte les errements d’un soi qui n’a que trop de mal à s’aimer. Enfin vient l’extatique Ma Louve, scène de cu... d'amour r’n’b qui ne manquera pas de surprendre au premier abord – ne vous inquiétez pas, on s’y fait vite. Après le sexe, la déprime d’une soirée terminée seule chez soi : La vie c nul désespère seul devant un porno, se complait et se complaint face à une XCAM dans l’espoir de se calmer. Vertige nous ouvre son cœur et apporte une sensibilité lyrique qui manquait à l’ensemble.


Après la vie, la mort : BAGARRE clôture son chapitre par leur hymne Mourir au club, issu de leur premier EP Bonsoir, nous sommes Bagarre.


Un mot ne sera jamais assez précis pour qualifier de la musique sans être réducteur. L’électro-pop de Bagarre est globale : pleine de toutes les influences que le groupe a voulu y mettre, pleine de tous le sens qu’on veut bien y entendre.

[1] Et non pas « house 90’s », selon La Bête lors d’un passage devient Yann Barthès sur TMC.

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