Alicia. : "Je veux toucher les gens avec les mots"

Le 17 juillet, Alicia. a dévoilé son premier EP SKO, riche de cinq titres. Véritable condensé de son univers, les morceaux oscillent avec fluidité entre pop, rap et R&B. Cet opus est à son image, authentique et touchant, on y parle beaucoup d’amour, un sujet que la chanteuse place au cœur de sa vie. Malgré cette apparente légèreté, Alicia. ose également aborder des thèmes plus engagés, à l’instar des violences conjugales et policières. Rencontre.


Pochette du single "Encore temps" feat. Tsew the Kid

Est-ce que tu peux nous dire quelques mots sur ton parcours et ton univers ?


Bien sûr, tout d’abord la musique n’a pas été une évidence tout de suite pour moi. Ce que j’ai toujours voulu avoir, c’est un métier de passion, ne pas me réveiller dans 30 ans en regrettant mes choix. Enfant, j’aimais bien faire des spectacles à mes parents, me mettre en scène, utiliser les mots. Je voulais être avocate ou comédienne, des métiers de représentation et qui nécessitent l’emploi de la rhétorique, comme la musique finalement. Au collège, j’ai commencé à chanter un peu devant des ami.e.s qui m’ont poussé à en faire quelque chose. J’ai donc créé un compte Instagram qui a grossi petit à petit. J’essaye d’être la plus authentique possible dans mes chansons et dans ma façon de me présenter, je veux toucher les gens, créer une vraie relation avec eux. C’est pour cette raison que je me sens si bien sur scène : pour le contact humain, voir le public s’amuser et danser.

©Guillaume Durand

Ton EP va sortir prochainement, quel univers as-tu voulu créer?


Dans cet EP j’ai voulu faire des sons variés en mélangeant des styles différents. On y retrouve un ton parfois un peu classique mais aussi du rap ou des influences R&B. J’aime bien jouer avec les univers et surprendre le public en alternant entre des voix pures dans une chanson et une voix plus street dans une autre. On m’a catalogué chanteuse R&B, ce qui n’est pas faux en soi mais je n’aime pas vraiment l’idée d’être dans une case. Avec cet EP j’essaye d’en sortir en condensant émotions, dénonciations, influences diverses…






Le morceau "Encore Temps", en featuring avec Tsew the Kid, vient de sortir. C'était comment de travailler tous les deux ?


Tout s’est fait de manière assez naturelle. Avec Tsew, on a grandi ensemble et on s’est lancé en même temps dans la musique. C’était presque inévitable de faire un morceau avec lui un jour. On a chacun écrit nos parties et "Encore Temps" est né. J’aime travailler seule car j’accorde beaucoup d’importance aux détails et j’aime pouvoir superviser les choses mais c’est toujours un honneur pour moi de faire des featuring. J’aimerais en faire plus mais toujours avec des personnes que j’admire sincèrement, c’est une chose importante pour moi et c’est pour ça que partager un morceau est un honneur.


L'amour est un thème récurrent dans tes chansons, comment l’expliques-tu ?


Je ne choisis pas réellement le thème d’un morceau avant de l’écrire. Quand je me mets à écrire ou que j’entends une production, il me vient naturellement. L’amour se manifeste rapidement à mon esprit parce que c’est central dans ma vie et je sais que si je ressens certaines choses, d’autres personnes les ressentent aussi. La raison pour laquelle je fais de la musique est que je veux toucher les gens et faire passer des messages, ça me semble donc normal de partager mes émotions.


Malgré tout, on retrouve dans ton EP deux titres engagés qui traitent des violences conjugales et des violences policières : "EDEMWA" et "Dans tes yeux". Est-ce que tu souhaites prendre position sur des sujets plus politiques à l’avenir ?


Oui c’est vrai qu’habituellement je parle plutôt d’amour de façon plus légère, je n’avais pas prévu d’écrire sur ces sujets-là. Je crois qu’il y a un moment pour tout et là, c’était celui d’écrire des chansons plus engagées et dénonciatrices. Il y a deux déclencheurs lorsque j’écris sur des thèmes comme ceux-là ; soit j’ai un déclic fort qui me fait ouvrir les yeux sur une réalité insupportable, soit une période intense comme celle que nous sommes en train de vivre avec le mouvement Black Lives Matter. C’est important pour moi de parler des violences conjugales et policières et de pouvoir faire passer des messages dessus à travers mes chansons, c’est une chose que j’aimerais faire plus à l’avenir. En revanche, en tant que femme métisse dans l’industrie musicale, je ne veux pas être cataloguée ou devenir uniquement un symbole de ces luttes. Je veux utiliser ma voix pour dénoncer sans que ma couleur de peau devienne la caractéristique principale de mon identité.

Où est-ce que tu te vois dans cinq ans ?


Le meilleur scénario serait le suivant : j’ai déjà un album disque d’or et une tournée à mon actif, et un deuxième en préparation. Si je pousse le rêve encore plus loin, j’ai eu une proposition pour jouer dans un film. Je ne veux pas me mettre de limites, je suis attirée par tout ce qui me permettra de faire passer des messages et d’être dans le jeu, le cinéma m'attire donc beaucoup aussi.



Propos recueillis par Agathe Pinet

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