Marty de Lutèce : "J’ai l’impression de m’être libéré de beaucoup de barrières, notamment celle du rap"

S'il a débuté au sein du groupe Lutèce, Marty s'est fait un prénom avec sa musique emplie de douceur et de mélancolie, naviguant entre rap et pop. Rencontre avec l'artiste lyonnais pour parler de son dernier EP Poster, de ces influences, mais aussi de ses projets à venir.

On devait t’accueillir à la prochaine édition d’Inseine mais malheureusement et comme pour beaucoup d’événement cette année, l’édition a été annulée. Pour commencer, peux-tu te présenter pour tous ceux qui ne pourront finalement pas te découvrir sur scène le 29 mai ?

Yes! Moi c’est Marty, mon nom de scène Marty de Lutece, je suis un rappeur / chanteur, c’est difficile aujourd’hui de dire mieux.

On a vécu une période un peu particulière avec ces deux mois de confinement. Pleins de proches en ont profité pour ressortir les synthés de la cave ou télécharger des logiciels de mixage, bref pour faire de la musique pour passer le temps. Dans la réédition de Poster que tu as sorti récemment, il y a un titre bonus qui s’appelle « J’perds du temps » et dans beaucoup d’autres titres on retrouve aussi ce thème qui semble t’inquiéter.
La question qu’on aimerait donc te poser c’est comment as-tu perdu ton temps durant ce confinement et comment l’as-tu vécu ? 
 

(rires) Écoutes, ça ne m’a pas particulièrement posé de problème en ce sens que c’est déjà le quotidien de beaucoup de musiciens hors concerts.C’est une vie d’hermite ou tu passe beaucoup de temps au studio. C’est juste que ça à eu l’effet inverse sur moi, j’ai pris du temps pour ne pas trop faire de musique, refaire des jeux que j’aimais, prendre tu temps pour moi, même si je me suis régalé a faire quelques morceaux qui sortiront cet été, et bien sur travaillé sur la suite, notamment sur des clips.

Puisqu’on parle de temps, ton label Jeune à Jamais a une devise « Ce qui fait la noblesse d’une chose, c’est son éternité. ». Est ce que tu pourrais détailler l’influence de ce label sur ta musique ou sur toi en tant qu’artiste ?

Je suis assez indépendant quant à la création et dans ma musique, mais j’aime leur vision et je leur soumets tout mon travail pour avoir un avis qui compte.

Parlons un peu de Poster. Pourquoi ce titre ?

C’était mon premier EP “professionnel” : studio, shooting photo pro interviews etc.. Ca me faisait caresser un rêve et en même temps me questionner sur ses fondations. Pourquoi avoir envie de “percer” ? Qu’est-ce que ça implique ? D’autant que cette notion est propre à chacun. Je rêvais d’être en Poster dans les chambres d’ados, maintenant on va dire que je rêve de faire mon truc, ma sauce, de vivre cette vie, et si les autres suivent, tant mieux.

Si je ne trompe pas, on retrouve exclusivement Schumi1 et King Doudou à la prod de cet album (EP), le premier avait déjà participé à NOOB et le second s’est fait connaître en produisant PNL notamment. Comment es-tu parvenu à garder une cohérence tout du long de cet EP en travaillant avec ces deux producteurs ? 

En fait, sur poster on ressent les pattes différentes des producteurs. Pourtant il y a effectivement une cohérence, c’est dû à trois choses selon moi : Les voix ont toutes été enregistrées au même endroit ; Le mix à été fait entièrement par schumi1, même les morceaux produits par king doudou, et je suis intervenu dans le processus créatif global, puisque j’ai quand même une idée assez précise en tête avant de commencer une session studio.

On a le sentiment que vous vous êtes laissé plus d’initiative dans les titres bonus de cette réédition…

Oui, je me suis laissé plus d’initiatives. J’avais envie de terminer l’exploration avant de connaitre mes différentes palettes. Par exemple, “Faudrait pas qu’on me voie”, je voulais absolument faire une guitare - voix avant de faire la session. “J’perds du temps” est une session live que j’ai fait moi même, à 100 %. Et la boucle est bouclée avec Izen, qui a fait la prod de Ghostbuster, il avait déjà produit pas mal de titres sur mon EP Violence Partout.

Dans tes textes, on retrouve certains de tes thèmes de prédilection et on a finalement l’impression que tu te développes autour de paradoxes.
Tu te décris comme marginal, ne se sentant pas à sa place ;et pourtant ambitieux, s’accrochant à ses rêves dans plusieurs sons.
De même dans NOOB, tu disais  “avoir un cœur froid” dans le titre Promesses et tu reprends cette idée dans le titre bonus Ghostbuster. Et pourtant, dans Poster il y a cette relation avec une femme qui te rend si fragile.
Es-tu d’accord avec cette idée ? 

Oui, je pense qu’on est tous faits de paradoxes. J’ai tendance à beaucoup changer d’avis et d’humeur. J’aime, je déteste... Un peu comme tout le monde j’imagine. En fait ça évolue beaucoup.. J’ai une écriture “sincère” dans le sens ou je parle de ce que je vis et de mes questions du moment. Avant c’était : “Qu’est-ce que je fous dans ce monde d’adultes, après c’était : “ Est-ce que je suis capable de le surmonter ?” 

Sur Poster c’était : Maintenant que j’y suis je confronte tout ça à mes rêves.

Et maintenant je suis conscient de mes forces et de mes faiblesses et j’avance avec..

 

Il y a aussi un autre sujet dont tu traites, celui de l’honnêteté. Tu dis avoir une fausse image ou jouer des rôles. Sauf avec cette femme (dont tu parles dans l'EP) et dans ta musique. Cette idée a l’air très importante pour toi…

En fait je parle de jouer des rôles dans la société. Est-ce que, quand tu travailles au supermarché ou sur une plateforme téléphonique, tu es vraiment honnête avec toi même ? Quand tu dois répondre correctement à ton patron, mais que derrière tu le traite de sale con, est-ce que c’est honnête. J’ai l’impression que les gens jouent tous des rôles, la société est faite d’obligations qu’on s’impose à nous même, et je m’efforce de ne plus être comme ça au travers de la musique qui me fait sortir de cette condition, mais c’est pas forcément évident, si par exemple demain je suis obligé de retourner taffer car ça marche pas…retour au point de départ.

 

Tu as des influences nombreuses et on aurait du mal à toutes les citer. Comment intègres-tu ces influences éclectiques dans ta musique ? 

Franchement au feeling.. J’ai des bases,  et j’utilise ce qui me plait selon mon humeur.

 

Et si tu devais te rapprocher d’un ou deux artistes dans le paysage actuel ce serait qui ?

Je suis incapable de le dire... En ce moment j’écoute beaucoup Childish Gambino et Nirvana.

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?

Être la dans 10 ans.

Tu sors un prochain projet début juin, tu peux nous en dire plus ? Qu'est qui le différencie de Poster ? 

Au départ, j’avais la volonté de sortir une Mixtape d’été pour kiffer, et pour faire kiffer les gens, mais il s’avère que c’est devenu bien plus que ça. J’ai l’impression de m’être libéré de beaucoup de barrières, notamment celle du rap, qui enferme. J’ai l’impression d’être plus complet et d’avoir digéré mes influences, pour sortir quelque chose de plus personnel. Il y a toujours King doudou et schumi1 dessus, il y a aussi mon pote Kamanugue, que je trouve excellent et avec qui on a bossé une track un peu suav,  je l’aime beaucoup. J’ai tenu aussi a mettre beaucoup plus ma patte, c’est peut être pour ça que je trouve le tout plus personnel. J’ai fait les compos de 3 morceaux entiers qui ont été retravaillés par schumi1 pour devenir des co prods, j’ai fait les guitares sur les morceaux avec King Doudou.. Bref je me suis beaucoup plus impliqué et ça fait du bien. Je n’étais pas prêt à le faire avant.

Du coup cette mixtape s’appelle Cruel Eté, et j’ai pris les sentiments liés à l’été, mais à ma façon, c’est à dire avec la Nostalgie de la fin des vacances, des amours qui se terminent, le moment exact ou tu as la gorge nouée avant de claquer la porte de la voiture pour rentrer chez toi.

Propos recueillis par Yann Carles

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